Ce mardi 19 mai s'est ouvert devant le tribunal criminel de Monaco le procès de Jean-Charles Mulini, jugé pour tentative de meurtre contre son ex-compagne Fanny (prénom modifié) en avril 2022. Dès ses premiers mots, l'accusé de 37 ans a assumé ses responsabilités, déclarant : « Je suis vraiment attristé pour elle et sa famille, je m'excuse et regrette énormément. Je comprends que je dois payer pour ce que j'ai fait. »
Un parcours marqué par les séparations
L'étude de la personnalité de l'accusé révèle une enfance heureuse auprès de ses parents adoptifs, une scolarité passable, et une absence d'addictions hormis la prise d'anxiolytiques en situation conflictuelle. Jean-Charles Mulini a reconnu avoir « toujours eu du mal avec les séparations », allant jusqu'à cumuler deux relations parallèles. Fanny lui avait exprimé sa volonté de se séparer peu avant le drame, ce qui pourrait être l'élément déclencheur. L'accusé avait d'abord évoqué un « suicide collectif » à la Roméo et Juliette avant d'attribuer son geste à une prise massive d'anxiolytiques.
Les faits du 17 avril 2022
Deux policiers de la Sûreté publique ont déroulé la chronologie des événements. La victime a été retrouvée allongée dans un lit d'enfant, consciente mais affaiblie. L'appartement de la résidence des Mandariniers était maculé de sang dans plusieurs pièces. Le voisin du bas avait entendu des cris entre 7h30 et 8h30 mais n'avait pas alerté la police en raison des querelles habituelles du couple. C'est le père de l'accusé qui a appelé les secours vers midi. L'arme, un couteau de famille à lame tranchante d'une douzaine de centimètres, a été retrouvée lors d'une seconde perquisition. L'accusé a expliqué avoir paniqué et jeté le couteau en tentant de secourir la victime. Après les faits, il a fui en France pour tenter de se suicider, mais a été arrêté près de Menton.
Des témoignages contrastés
Les proches de l'accusé, cités par la défense, ont dressé un portrait dithyrambique de Jean-Charles Mulini, le décrivant comme « protecteur », « dévoué », « fidèle » et « affectueux ». Son père a déclaré : « Je n'ai jamais rien eu à lui reprocher, hormis ce geste. » Sa mère, encore dans le déni, a affirmé : « Dans ma tête, ce n'est pas mon fils qui a fait ça. » En revanche, la sœur de l'accusé a livré un témoignage plus tranché, affirmant n'avoir pas été surprise par les événements. « Je sentais dès le début que quelque chose de grave allait se produire », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que Fanny ne méritait pas ce qui lui est arrivé.
La suite du procès
Ce mercredi, la victime Fanny doit témoigner pour exposer sa version des faits, suivie de ses proches. L'interrogatoire de l'accusé est prévu jeudi, avec une attention particulière sur le caractère intentionnel du passage à l'acte. La question de la préméditation, non retenue dans l'accusation, a été soulevée par le président du tribunal, un policier ayant exprimé sa surprise face à cette décision. Le procès devrait se conclure vendredi avec le verdict.



