Marine Le Pen condamnée en appel : inéligibilité réduite, bracelet électronique
Le Pen condamnée : inéligibilité réduite, bracelet électronique

Arrivée à la cour d'appel de Paris quelques minutes avant son jugement, Marine Le Pen, veste de costume rose pâle sur les épaules, attend patiemment dans la salle d'audience entourée de ses avocats. Son visage impassible ne traduit pas l'enjeu : elle saura dans quelques minutes si elle peut se présenter une quatrième fois à une élection présidentielle.

À 13h30 précises, la juge prend la parole. « Les faits sont graves », insiste-t-elle à plusieurs reprises dans son propos liminaire. « Ils sont graves surtout car ils sont commis par des élus en charge de l'intérêt général », ajoute-t-elle. Pour Marine Le Pen, le couperet tombe vite, moins tranchant que prévu.

Une condamnation confirmée mais allégée

Comme en première instance, Marine Le Pen est reconnue coupable de détournements de fonds publics européens. Mais la députée du Pas-de-Calais est condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 15 mois ferme déjà purgés. La « mise à mort » politique, fustigée pendant des mois par les cadres du parti, n'a donc pas lieu. Théoriquement, la « patronne » du RN peut être candidate à la présidentielle 2027.

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Reste un détail, et non des moindres. La cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique. « Je sais très bien que la décision de cette candidature ne dépend pas de moi. Elle dépend aujourd'hui de trois magistrats… », soupirait il y a quelques semaines l'intéressée. Avec une certaine ironie, la justice renvoie la patate chaude dans les bras du Rassemblement national. C'est bien Marine Le Pen qui a désormais son destin politique entre ses mains.

L'épineuse question du bracelet électronique

Bien sûr, la cheffe de file du RN a prévenu que Jordan Bardella la remplacerait en cas de port de bracelet électronique. « Elle l'a dit, elle ne fera pas campagne sous bracelet… », nous disait un cadre du RN il y a quelques jours. « Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements », répétait Marine Le Pen lors d'un entretien sur LCI mercredi 1er juillet. « Je ne peux pas dépendre d'un magistrat pour m'autoriser à aller faire un meeting à Romorantin ou aller sur un marché à Hénin-Beaumont. »

Mais avec les remises de peine éventuelles, la candidate pourrait espérer être libre de ses mouvements au début de l'année 2027, au moment où la campagne rentrera véritablement dans le dur.

Réunion de crise au RN

À l'annonce de sa peine, Marine Le Pen est restée imperturbable sur sa chaise. La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale demeure de longues minutes dans la salle d'audience pour discuter avec ses avocats et son ex-conjoint Louis Aliot, le maire de Perpignan, également condamné dans cette affaire. Son avocat, Rodolphe Bosselut, se dit « partiellement satisfait » en sortant de la salle. « Nous notons une inflexion considérable sur les peines, notamment sur celle d'inéligibilité […] C'est un bon début. »

Marine Le Pen a déjà quitté la cour d'appel, sans un mot, pour rejoindre le siège du Rassemblement national, dans le 16e arrondissement de Paris. Une réunion de crise avec ses proches, dont Jordan Bardella, pour décider de la suite. Le parti se retrouve face à un nouveau casse-tête, qui pourrait se résumer à cette question : Marine Le Pen, condamnée et sous bracelet électronique, est-elle une meilleure candidate que le jeune président du RN ? Elle devrait répondre ce mardi soir, à 20 heures au JT de TF1.

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