L'ancien PDG du cimentier Lafarge, Bruno Lafont, et son ancien directeur juridique, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire ce mardi 26 mai, en attendant leur procès en appel. Ils avaient été condamnés en première instance pour avoir financé des groupes armés en Syrie, dont l'organisation État islamique (EI), afin de maintenir l'activité de leur usine dans le pays en guerre.
Des conditions strictes
La cour d'appel de Paris a assorti leur libération de mesures restrictives. Les deux hommes doivent verser une caution de 300 000 euros chacun, remettre leurs passeports et se présenter régulièrement au commissariat. Ils n'ont pas le droit de quitter le territoire français sans autorisation.
Une affaire aux répercussions internationales
Le dossier Lafarge a suscité de vives réactions, tant en France qu'à l'étranger. L'entreprise a été accusée de compromission avec des groupes terroristes pour sauver ses intérêts économiques. En septembre 2024, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Bruno Lafont à 18 mois de prison avec sursis et 300 000 euros d'amende. Son bras droit avait écopé de 12 mois avec sursis et 150 000 euros d'amende.
Les avocats des prévenus ont plaidé pour une libération, arguant que leurs clients n'étaient pas des fugitifs et qu'ils respecteraient les obligations judiciaires. La cour a suivi cet argument, tout en maintenant la pression juridique.
L'audience en appel est prévue pour 2027. En attendant, Bruno Lafont et son ancien directeur juridique devront se conformer strictement aux conditions fixées par la justice.



