Vandalisme au château de Segonzac : caveau profané, os dispersés
Caveau profané au château de Segonzac, os à l'abandon

Profanation au château de Segonzac

Les sépultures du comte et de la vicomtesse de Segonzac ont été vandalisées la semaine du 18 mai. Les imposantes dalles en pierre ont été explosées à coups de burin pour accéder aux cercueils de Louis Bardon et Charlotte de Mailly-Couronnel, vicomte et vicomtesse de Segonzac. Leurs os ont été laissés à même le sol. « Le respect de la France, il est où ? », s’insurge François de Segonzac, propriétaire indivisaire du château du même nom.

Un acte de vandalisme choquant

Les gendarmes l’ont prévenu de la profanation mardi 19 mai. Le château de Segonzac est inoccupé depuis des années. « Ces lointains parents n’avaient pas eu d’enfants. Le vicomte était un militaire qui a perdu la vie pendant la guerre de 14 », contextualise François de Segonzac. La pierre tombale, aujourd’hui au sol, fait d’ailleurs mention du passé militaire du Périgordin : « Lieutenant au 5e Dragons - mort pour la France » le 24 juin 1918.

Pillage et intrusions répétées

Le caveau est situé à plusieurs centaines de mètres de la demeure inoccupée. « On l’aperçoit depuis un petit chemin rural, mais il faut vraiment y descendre exprès », précise le maire de Segonzac, Christophe Rossard. Il a été prévenu du méfait par les gendarmes de la brigade de Tocane-Saint-Apre. « J’ai évidemment déposé plainte », reprend François de Segonzac. Dans sa ligne de mire se trouvent les explorateurs Urbex, une pratique consistant à visiter des propriétés abandonnées ou inaccessibles.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

« La propriété est en indivision et je ne vis pas sur place. Tout a été pillé. Quand je viens, je répare ce que je peux, mais c’est le défile permanent à cause d’Internet », s’agace l’intéressé. Une rapide recherche sur YouTube permet de corroborer ses propos. Plusieurs « aventuriers » se filment en train d’escalader le portail de la propriété et de déambuler dans les murs de la bâtisse abandonnée. Ces vidéos ont généré des milliers de vues et des centaines de commentaires. « Ces intrusions sont relativement fréquentes », confirme le maire de la commune.

Le château en vente, les propriétaires espèrent une sépulture décente

Récemment, plusieurs murs intérieurs ont été vandalisés. De quoi incriminer les pratiquants d’urbex ? Pas nécessairement. Les explorateurs urbains dignes de ce nom respectent leur propre code et les lieux sur lesquels ils s’aventurent. Ils se contentent de découvrir les bâtisses et ne transmettent leur adresse qu’aux autres initiés. « L’autre jour, j’ai aperçu 15 personnes dans le château. J’ai appelé les gendarmes, ils ont toutes les plaques d’immatriculation », indique François de Segonzac. Il espère pouvoir offrir rapidement à ses lointains parents une nouvelle sépulture décente. Le château est actuellement en vente.

Selon l’article 225-17 du Code pénal, « la violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d’urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale