Procès libyen : l'avocat de Guéant dénonce la défense de Sarkozy
Guéant : avocat dénonce la défense de Sarkozy

Règlement de compte à la barre. L’avocat de Claude Guéant a fustigé ce mardi, devant la cour d’appel de Paris, « la cruauté » et « le cynisme » de la décision de Nicolas Sarkozy de mettre en cause la probité de son ancien bras droit, afin de se défendre durant le procès en appel du financement libyen de sa campagne.

Une défense fondée sur l'absence de Guéant

« L’absence de Claude Guéant imposée » par sa santé « a été utilisée par Nicolas Sarkozy », qui a voulu « parier sur le fait que les absents ont nécessairement toujours tort » en en faisant le « récipiendaire des espèces libyennes », a plaidé Philippe Bouchez El Ghozi, selon qui son client « a bon dos ».

« C’est pas moi, c’est les autres ! », a poursuivi l’avocat pour résumer la ligne de défense de l’ex-chef de l’État, dont les avocats doivent plaider mercredi en épilogue du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Me Bouchez El Ghozi s’est interrogé pour savoir si ce changement du système de défense de Nicolas Sarkozy était la marque du « cynisme du politique ou du désespoir du prévenu ». Claude Guéant et Nicolas Sarkozy avaient présenté un front uni en première instance.

Nicolas Sarkozy nie avoir été au courant de la rencontre Guéant-Senoussi

L’avocat a répété que Claude Guéant avait bien informé Nicolas Sarkozy de sa rencontre occulte en octobre 2005 avec Abdallah Senoussi, numéro deux du régime libyen, qui était recherché par la France pour avoir commandité l’attentat contre le DC-10 d’UTA en 1989.

« Oui, Claude Guéant a rencontré Senoussi, une rencontre qui n’était pas souhaitée, une rencontre qui était imposée », il « la regrette et la regrettera encore et jusqu’à la fin du peu de vie qu’il lui reste à vivre », selon l’avocat. Mais « ce n’était pas plus, cette rencontre, il n’a pas fait la moindre promesse », a-t-il ajouté, réfutant tout pacte de corruption.

Nicolas Sarkozy nie avoir initié ou été informé de la rencontre de 2005, dont l’accusation est convaincue qu’il s’agit d’une étape cruciale du pacte corruptif allégué entre Nicolas Sarkozy et la Libye de Mouammar Kadhafi : un financement politique occulte en échange de diverses contreparties, notamment l’examen de la situation pénale d’Abdallah Senoussi, qui avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1999.

En écrivant deux fois à la cour durant les débats, Claude Guéant a rappelé qu’il n’avait eu de cesse que de suivre les instructions de Nicolas Sarkozy, « le numéro deux fait strictement ce que lui dit le numéro un ». Le parquet général a requis six ans de prison contre Claude Guéant, et sept contre Nicolas Sarkozy. L’arrêt doit être rendu le 30 novembre.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale