Fréjus : 15 ans de prison pour le viol d'une joggeuse, l'accusé afghan fait appel
Fréjus : 15 ans pour viol d'une joggeuse, appel annoncé

Forte condamnation pour un viol commis sur une joggeuse à Fréjus

Ce mardi matin, la cour criminelle du Var, siégeant à Draguignan, a prononcé une lourde sentence dans une affaire de viol qui avait profondément marqué la région. Farshi Mohammadi, un ressortissant afghan âgé de 25 ans et en situation irrégulière sur le territoire français, a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. Cette peine, la plus sévère prévue par le Code pénal pour ce type de crime, concerne le viol d'une jeune femme, prénommée Élodie, survenu le 28 août 2023 sur les rives du Reyran à Fréjus.

Un verdict immédiatement contesté

Dès l'annonce du verdict, l'accusé a fait connaître son intention de interjeter appel. La cour, présidée par Emmanuelle de Rosa, a suivi les réquisitions de l'avocate générale Justine Poirieux après un délibéré rapide. Outre le viol, Farshi Mohammadi a également été reconnu coupable d'avoir embrassé de force une employée d'un centre de réfugiés à Toulon le 17 août 2023. La condamnation s'accompagne d'une interdiction définitive du territoire français.

Le récit d'une agression traumatisante

Les faits remontent à un après-midi d'août 2023. Élodie, une trentenaire, effectuait son jogging quotidien le long du Reyran lorsqu'elle a croisé le chemin de Farshi Mohammadi. L'agresseur l'a projetée au sol et a tenté de lui enlever son short. Pour éviter une pénétration, la victime a été contrainte de « proposer » une masturbation. Profitant d'un moment de relâchement où son agresseur avait le pantalon sur les genoux, elle a tenté de fuir mais s'est retrouvée bloquée par une forêt de roseaux. Farshi Mohammadi est alors revenu à la charge et lui a imposé une fellation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un témoignage courageux et des débats difficiles

Lundi après-midi, en huis clos, Élodie a trouvé la force de témoigner de son calvaire devant la cour. Son avocate, Me Rita Ferro, a souligné l'importance de cette démarche : « C'était important pour elle de dire à haute voix à des magistrats ce qu'elle a vécu. Que l'accusé entende aussi, que ce viol ne reste pas que des mots couchés sur des procès-verbaux. » Cependant, les débats ont été décrits comme laborieux par l'avocate générale. L'accusé n'a reconnu les faits qu'à demi-mot et a fallu être poussé dans ses retranchements, sans pour autant réitérer ses premières déclarations où il justifiait son acte par la tenue de la victime.

Un passé judiciaire en Allemagne

Farshi Mohammadi n'était pas un inconnu des autorités. Identifié par son ADN qui correspondait à une base de données allemande, il avait déjà été condamné à cinq reprises en Allemagne, notamment pour vol avec violences. Interpellé le 29 septembre 2023 par la police municipale de Fréjus, il avait initialement reconnu les faits, les attribuant à un état d'ivresse. Devant la cour, il a maintenu ces aveux concernant l'agression de la joggeuse mais continue de nier toute atteinte sexuelle sur l'employée du centre de réfugiés de Toulon, comme l'a rappelé son avocat, Me Eric Vincent.

La présidente de la cour a adressé un message ferme à l'accusé : « Dans ce dossier, les éléments étaient suffisants pour prononcer une condamnation pour viol. Vous avez commis un crime, mais aussi violé les principes les plus fondamentaux de notre société, et notamment ceux d'égalité et de sécurité. » L'affaire n'est cependant pas close, l'appel annoncé par Farshi Mohammadi ouvrant une nouvelle phase judiciaire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale