Le diplomate français Fabrice Aidan nie fermement les accusations dans l'affaire Epstein
Fabrice Aidan, le diplomate français cité à de multiples reprises dans les fichiers Epstein et visé par une enquête américaine pour consultation présumée d'images pédopornographiques, « conteste l'entièreté des accusations portées à son encontre », a déclaré son avocate, Me Jade Dousselin, dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse (AFP) ce mercredi 11 février. Me Dousselin a affirmé que les allégations concernant des faits supposés remontant à 2013 sont « totalement et purement faux », insistant sur l'absence de toute consultation de sites à caractère pédopornographique.
Des enquêtes sans suites judiciaires
L'avocate a précisé que le FBI a déjà mené une enquête sans engager de poursuites, et que les investigations conduites en France sont arrivées à la même conclusion. Elle a ajouté que son client, Fabrice Aidan, « se tient à l'entière disposition de la justice pour répondre à ses questions ». Selon des documents consultés par l'AFP, Fabrice Aidan apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, les premiers datant de 2010, alors qu'il travaillait aux Nations unies en tant que diplomate détaché par la France.
Liens étroits avec Jeffrey Epstein et implications financières
Les correspondances révélées dans les « Epstein files » montrent des relations proches entre le diplomate et le financier américain. Fabrice Aidan a envoyé des documents et rapports onusiens à Jeffrey Epstein. En 2016, Epstein a transmis à Aidan et au diplomate norvégien Terje Rod-Larsen un lien vers un article de blog intitulé « un scandale de pédophilie étouffé par le Quai d'Orsay », faisant référence à un article du JDD. De plus, des échanges évoquent des transactions financières, notamment un possible achat par Epstein d'un livre coécrit par Aidan et Rod-Larsen pour plus de 27 000 dollars en 2014, et un virement de 250 000 dollars sur le compte de Rod-Larsen en décembre 2015, avec des coordonnées bancaires transmises via Aidan.
Réactions politiques et conséquences professionnelles
Jean-Noël Barrot, le ministre des affaires étrangères, s'est dit « effaré » et « indigné » lors d'une interview sur RTL, affirmant avoir découvert cette situation seulement mardi. Il a signalé les faits à la justice, lancé une enquête administrative et une procédure disciplinaire. Concernant l'enquête du FBI révélée par 20 Minutes et Mediapart, il a déclaré attendre « des éléments étayés par l'enquête administrative » et a défendu l'institution du Quai d'Orsay, appelant à ne pas éclabousser les autres agents. Fabrice Aidan, décrit comme « secrétaire des Affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles » par Jean-Noël Barrot, travaillait récemment chez Engie, qui l'a suspendu mardi soir.
Contexte international et enquêtes en Norvège
Fabrice Aidan était également collaborateur du diplomate norvégien Terje Rod-Larsen, qui, avec son épouse Mona Juul, fait l'objet d'une enquête en Norvège pour « complicité de corruption aggravée » et « corruption aggravée » en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein, suite à la publication de millions de nouveaux documents par la justice américaine fin janvier. Cette affaire continue de secouer les sphères diplomatiques et politiques, avec des implications qui s'étendent au-delà des frontières françaises.