Une décision judiciaire définitive après une décennie de procédures
La Cour de cassation a rendu un arrêt historique le mercredi 11 février 2026, confirmant définitivement le non-lieu en faveur des gendarmes impliqués dans la mort d'Adama Traoré. Ce jeune homme de 24 ans est décédé le 19 juillet 2016 dans une caserne de gendarmerie à Persan, dans le Val-d'Oise, un événement devenu emblématique des débats sur les violences policières en France.
Une longue bataille judiciaire qui s'achève
Le parcours judiciaire a été particulièrement long et complexe. Après une instruction approfondie, les juges avaient ordonné un non-lieu en 2023, une décision validée par la cour d'appel de Paris en 2024. La famille Traoré avait alors formé un pourvoi en cassation, espérant une révision de cette décision. L'arrêt de la plus haute juridiction française met un terme à toutes les procédures nationales, clôturant officiellement le dossier après exactement dix ans d'investigations et de recours.
La réaction émotionnelle de la famille Traoré
À la sortie du tribunal de Paris, Assa Traoré, sœur d'Adama, accompagnée de leur mère Oumou Traoré, a exprimé son profond choc et sa détermination à poursuivre le combat. « Aujourd'hui, nous sommes choqués, mais nous allons passer à l'étape supérieure », a-t-elle déclaré devant les médias. « Après avoir attendu dix ans, nous irons devant la Cour européenne des droits de l'homme, et la France sera condamnée », a-t-elle ajouté avec conviction.
Assa Traoré, devenue une figure centrale de la lutte contre les violences illégitimes des forces de l'ordre grâce à son engagement pour son frère, a martelé un argument clé : « Les expertises l'ont dit, si Adama Traoré n'avait pas croisé les gendarmes ce jour-là, il ne serait pas mort ». Elle avait appelé à un rassemblement symbolique au pied de la cour d'appel de Paris le jour du verdict.
La position de l'avocat de la famille
Maître Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré, a réagi par un communiqué cinglant. Il a rappelé que « la justice avait enfin reconnu, en fin d'instruction puis devant la cour d'appel de Paris, que les gendarmes ont causé la mort d'Adama ». Cependant, il dénonce amèrement le paradoxe de la situation : « pourtant, aujourd'hui, elle entérine l'impunité ». Cette déclaration souligne la frustration profonde face à ce qu'il perçoit comme une injustice institutionnelle.
Les implications pour l'avenir
Malgré la clôture du dossier en France, l'affaire est loin d'être terminée. La famille Traoré annonce déjà son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), estimant que les droits fondamentaux d'Adama n'ont pas été respectés. Cette démarche internationale pourrait ouvrir un nouveau chapitre judiciaire, avec des conséquences potentielles pour la France sur le plan des droits humains.
Cette décision de la Cour de cassation intervient dans un contexte social tendu, où les questions de violences policières et d'impunité restent brûlantes. Elle marque un tournant dans une affaire qui a mobilisé l'opinion publique et les mouvements sociaux pendant une décennie, tout en laissant des questions cruciales sans réponse pour les proches de la victime.