Détournement de fonds publics : l'ancienne élue basque condamnée
Détournement de fonds : ancienne élue basque condamnée

Pendant près de trois ans, Céline Piva, 45 ans, ancienne fonctionnaire et élue municipale à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pays basque), a profité de ses postes à l'Eurorégion Nouvelle-Aquitaine-Euskadi-Navarre (NAEN) puis à la mairie de Biarritz pour détourner des fonds publics à des fins personnelles. Elle comparaissait devant le tribunal judiciaire de Bayonne le jeudi 21 mai.

Des détournements à répétition

En tant que fonctionnaire chargée des ressources humaines et financières au sein de l'Eurorégion, un groupement européen de coopération territoriale (GECT), elle a utilisé sans autorisation une carte carburant de la collectivité pour ses déplacements personnels, principalement pendant ses vacances et les jours fériés. Même après avoir quitté l'Eurorégion en 2023, elle a continué à utiliser cette carte. Le préjudice est estimé à 7 347 euros pour 109 paiements effectués entre 2021 et 2024.

Elle a également utilisé la carte bancaire de la collectivité pour acheter un téléphone Apple à 99 euros et souscrire deux abonnements de parking au casino de Biarritz pour un total de 827 euros.

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Une escroquerie aux faux documents

En 2023, Céline Piva, originaire du Lot-et-Garonne et ancienne agente à Bordeaux Métropole, a été élue au conseil municipal de Saint-Pée-sur-Nivelle. La même année, elle a été embauchée par la mairie de Biarritz comme cadre de catégorie A, bien qu'elle ne possédât pas le diplôme requis. Pour y parvenir, elle a falsifié une dizaine de documents : contrats de travail, fiches de salaire, attestations diverses, en modifiant identités, qualités, dates ou en apposant de fausses signatures.

Cette escroquerie lui a permis de cumuler deux emplois et deux salaires, dont un de cadre de catégorie A, sur une courte période avant que les deux employeurs ne découvrent la supercherie. Le préjudice lié à cette fraude est estimé à 23 000 euros. Au total, Céline Piva aurait détourné plus de 30 000 euros de fonds publics.

« J'ai honte » : les regrets de l'accusée

À la barre, l'ex-candidate aux élections municipales de 2026 (qui avait maintenu sa candidature avant de se retirer) s'est montrée très affectée. Face aux questions de la juge, elle s'est justifiée : « Sur la carte essence, c'était pour des déplacements professionnels », « pour l'abonnement de parking, je pensais avoir rentré le numéro de ma carte perso », « sur les falsifications de documents, c'est parce que je voulais absolument fuir le GECT, en raison de harcèlement, et trouver un autre emploi ». Elle a ensuite fait son mea-culpa : « J'ai honte. Je m'en veux tellement. Je suis attachée au service public. J'ai gravi les échelons pour en arriver là. Je suis affectée d'avoir fait tout ça », a-t-elle déclaré, elle qui est entrée dans la fonction publique à 19 ans.

Les réquisitions et la condamnation

Pour la procureure Marie Irigoyen, « tout était calculé ». Elle a dénoncé des agissements « intolérables » pour un agent public et une élue, qui a un « devoir d'exemplarité ». Elle a requis quatre ans de prison dont deux avec sursis, ainsi qu'une amende de 5 000 euros.

L'avocat de la défense, Me Michel Coicaud, a plaidé : « Je ne vois pas la nécessité d'une peine de prison ferme », défendant « une femme qui a tout perdu ». Il a tenté d'expliquer : « Comment un agent aussi compétent et investi a-t-il pu basculer vers une série d'actes aussi graves ? Il a fallu une difficulté particulière forte. »

Le tribunal a condamné Céline Piva à trois ans de prison, dont deux avec sursis, avec exécution provisoire. La partie ferme est aménageable. Une peine d'inéligibilité de cinq ans, obligatoire, a été prononcée, ainsi qu'une interdiction définitive d'exercer dans la fonction publique.

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