Une enquête préliminaire a été ouverte par le Parquet national financier (PNF) visant Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027. Les investigations portent sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution de marchés publics lorsque celui-ci était maire du Havre, puis Premier ministre.
Les faits reprochés
Selon les informations de Mediapart, révélées ce mercredi, l'enquête concerne des contrats attribués à des cabinets de conseil, notamment McKinsey, entre 2017 et 2020. Édouard Philippe est soupçonné d'avoir favorisé ces cabinets sans respecter les règles de mise en concurrence. Les investigations portent sur plusieurs marchés, dont certains liés à la gestion de la crise sanitaire du Covid-19.
Le rôle de l'ancien Premier ministre
Édouard Philippe, qui a dirigé le gouvernement de 2017 à 2020, est accusé d'avoir personnellement intervenu pour attribuer des missions à des sociétés de conseil sans appel d'offres préalable. L'enquête cherche à déterminer si ces pratiques constituent un délit de favoritisme, passible de deux ans d'emprisonnement et de 200 000 euros d'amende.
L'entourage d'Édouard Philippe a réagi en dénonçant des accusations « sans fondement » et en affirmant que l'ancien Premier ministre « n'a jamais eu connaissance de ces marchés ». Une déclaration qui contredit les éléments recueillis par les enquêteurs.
Un contexte politique tendu
Cette enquête intervient alors qu'Édouard Philippe a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027, se présentant comme un candidat « indépendant » et « rassembleur ». Les accusations pourraient fragiliser sa campagne, déjà confrontée à une concurrence féroce au sein de la majorité.
Plusieurs personnalités politiques ont réagi, appelant à la transparence. Le député LFI Antoine Léaument a estimé que « ces révélations montrent une fois de plus le deux poids deux mesures de la justice ». De son côté, le porte-parole du gouvernement a appelé à « laisser la justice travailler ».
Les prochaines étapes judiciaires
L'enquête, confiée à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), en est à ses débuts. Des perquisitions pourraient être menées dans les semaines à venir. Édouard Philippe pourrait être entendu comme témoin assisté ou mis en examen si les charges sont suffisantes.
Cette affaire rappelle les précédentes polémiques sur l'usage des cabinets de conseil par l'État, qui avait conduit à la création d'une commission d'enquête parlementaire en 2021. Le rapport de cette commission avait déjà pointé du doigt des manquements dans la gestion des marchés publics.
En attendant, la candidature d'Édouard Philippe reste officiellement lancée, mais cette enquête jette une ombre sur ses ambitions présidentielles. Les prochains mois seront décisifs pour l'ancien Premier ministre, qui devra à la fois se défendre devant la justice et convaincre les électeurs de son intégrité.



