Dordogne : 15 ans de réclusion pour viol et violences avec arme
Dordogne : 15 ans de prison pour viol et coups de couteau

Un procès de deux jours à Bergerac

Un Bergeracois de 36 ans était jugé depuis lundi 18 mai devant la cour criminelle départementale de la Dordogne pour viol, appels téléphoniques malveillants et violences avec usage d’une arme. Moulé dans un T-shirt blanc qui laisse entrevoir un corps sculpté par la fonte, l’accusé cherchait d’un regard hagard celui de ses avocats. Après deux jours de procès, la cour criminelle départementale (CCD) de la Dordogne l’a condamné ce mardi 19 mai à quinze ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté aux deux tiers.

Les trois magistrats professionnels de la CCD ont été légèrement moins sévères que l’avocat général. Plus tôt dans la journée, le substitut du procureur de Bergerac, Gaël Bellet, avait requis seize ans de prison à l’encontre de l’accusé, estimant aussi bien « le viol que les violences et les appels malveillants parfaitement caractérisés ».

Trois victimes : deux hommes et une femme

Pour le représentant des intérêts de la société, Imad Draif a fait trois victimes : deux quadragénaires auxquels il a asséné un coup de couteau le 24 octobre 2022 sur un parking de Bergerac et son ex-compagne, une femme de 50 ans à laquelle il a imposé une relation sexuelle sous la contrainte d’un couteau, le 6 février 2023 dans la même ville.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les deux premières victimes ont payé leur sens de la politesse. « Le simple fait d’adresser un bonjour à son ex-compagne a mis l’accusé hors de lui. Mes deux clients se sont vus mourir en prenant l’un et l’autre un coup de couteau », a plaidé leur avocate, Me Lalande.

La victime s’est réfugiée chez sa voisine

Même s’il s’en défend, l’accusé a exercé le même degré de violence sur son ex-concubine le 6 février 2023. Ce soir-là, Imad Draif s’est présenté au domicile de sa victime et lui a infligé un rapport sexuel non consenti. Prise de panique, la quinquagénaire s’est réfugiée chez sa voisine. Lui a tenté de la rattraper, sans même avoir pris la peine de mettre un caleçon. « Il n’a pas supporté la possibilité que ma cliente puisse lui échapper, alors il l’a possédée physiquement », a plaidé Me Braun, l’avocate de la partie civile. Pour elle, l’épisode du viol est « le point culminant d’une relation d’emprise dans laquelle était enfermée sa cliente ».

La défense plaide la relation toxique

« Les deux ex-conjoints avaient une relation toxique, marquée par l’ambiguïté », a concédé Me Gajja-Benfeddoul, l’avocate de la défense. Pour autant, a-t-elle prévenu, « une relation toxique ne signe pas une relation criminelle ». « D’autant que, dans ce dossier, les éléments matériels sont en réalité légers », a appuyé Me Billault, critiquant au passage fortement le choix du parquet de joindre dans un même dossier la procédure délictuelle et la procédure criminelle. « Cette manœuvre n’avait qu’un seul but : donner une mauvaise image de son client », a-t-il insisté.

À l’audience, l’accusé n’a rien fait pour la restaurer, bien au contraire. À la présidente de la cour qui tentait de le sensibiliser à la présence de lésions dans le vagin de la victime compatibles avec un viol, Imad Draif n’a pas hésité à lâcher, d’un ton bravache : « Que voulez-vous ? J’ai été gâté par la nature ». En matière d’élégance, on a fait mieux.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale