Affaire Boulin : L'autopsie d'Elio Darmon écarte définitivement l'intervention d'un tiers
L'autopsie pratiquée ce mardi 7 avril 2026 sur le corps d'Elio Darmon a confirmé l'absence totale d'intervention d'un tiers dans son décès. Selon le parquet de Lorient, qui a communiqué ses conclusions dans la soirée, l'homme est mort des suites d'une défaillance cardiaque, mettant en lumière une situation de santé précaire.
Un témoin capital disparaît
Elio Darmon avait été retrouvé sans vie mercredi 1er avril 2026 à son domicile de Brandérion, dans le Morbihan. Sa mort avait immédiatement relancé les spéculations autour de l'affaire Robert Boulin, l'une des énigmes judiciaires les plus opaques de la Ve République. Le député-maire de Libourne avait été découvert mort le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans seulement 50 centimètres d'eau.
Un témoignage qui bouleversa l'enquête
En septembre 2024, le journal Sud Ouest avait publié le récit explosif d'Elio Darmon. Celui-ci affirmait avoir entendu, quelques jours après la mort de Robert Boulin, Pierre Debizet, alors patron du Service d'action civique (SAC), s'emporter contre deux hommes en déclarant : « On vous avait dit de ne pas le tuer. » L'un des individus aurait répondu : « On l'a balancé dans l'étang à Rambouillet. C'est un accident, on l'a tabassé, il est mort dans nos bras d'une crise cardiaque. »
Ce témoignage avait ravivé les doutes persistants de la famille Boulin, qui n'a jamais accepté la thèse du suicide par noyade retenue par la justice. Ils dénoncent depuis des décennies un assassinat politique soigneusement maquillé.
Des menaces et une tentative de meurtre
La mort d'Elio Darmon avait d'autant plus alimenté les conjectures qu'il avait été la cible de tirs à son domicile à l'été 2025. Quatre douilles de fusil à pompe avaient été retrouvées sur les lieux. « C'est une tentative de meurtre pour me faire taire », martelait-il alors, convaincu que son témoignage dérangeait des intérêts encore bien vivaces.
Laetitia Mirande, procureur de la République de Lorient, a précisé que l'autopsie « confirme l'absence d'intervention d'un tiers et met en évidence une situation de santé dégradée ». Cette conclusion médico-légale semble mettre un terme aux soupçons entourant le décès soudain du témoin-clé, même si elle ne dissipe pas les mystères entourant la mort de Robert Boulin lui-même.
L'affaire, qui hante la mémoire politique française depuis plus de quatre décennies, conserve ainsi son voile d'ombre, malgré la disparition de l'un de ses derniers témoins directs. Les circonstances exactes de la mort du député-maire de Libourne continuent de diviser les historiens et les observateurs de la vie politique nationale.



