Le parquet de la cour d'appel de Versailles a requis lundi trois ans de prison dont un an ferme contre l'ancien président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), Dominique Boutonnat. Ce dernier avait été condamné en première instance à la même peine pour avoir agressé sexuellement son filleul en août 2020, lors de vacances en Grèce.
Des faits survenus en Grèce
Le jeune homme, âgé de 20 ans au moment des faits, accuse Dominique Boutonnat d'avoir tenté de le masturber dans son lit après une baignade nue dans la piscine de la maison de campagne du prévenu. Selon sa version, il aurait ensuite masturbé son parrain pour qu'il cesse de le toucher. L'avocate générale a souligné la "posture de déni" de l'ancien haut fonctionnaire.
La défense de Dominique Boutonnat
Lors de l'audience, Dominique Boutonnat a nié les faits, bien qu'il ait reconnu avoir pris son filleul en photo nu sortant de la piscine, affirmant qu'il visait le paysage. Il a également admis des baisers dans la chambre, mais selon lui consentis et initiés par le jeune homme. Le lendemain, il est entré dans la salle de bain de son filleul pour l'embrasser, expliquant vouloir "lever l'ambiguïté" sur la nuit précédente. "J'ai 50 ans, c'est le fils de mes meilleurs amis, ce n'est pas possible de se retrouver à moitié nus à s'embrasser", a-t-il déclaré.
Un enregistrement controversé
Un enregistrement réalisé quelques jours après les faits, qualifié de "cauchemar" par l'avocate de la partie civile, Caroline Toby, montre Dominique Boutonnat reconnaissant des actes mais "rien de sexuel", tout en exprimant à plusieurs reprises que c'était de sa "faute". Durant l'enquête, il a assuré ne pas avouer, mais chercher à déculpabiliser le jeune homme par "excès d'empathie", ignorant qu'il était enregistré. En appel, il a demandé à plusieurs reprises à son interlocuteur de ne parler à personne, alors que sa meilleure amie écoutait l'appel.
Les arguments de la défense
Mes Delphine Meillet et Céline Lasek, avocates de Dominique Boutonnat, ont insisté sur l'ambiguïté de la relation. L'avocate a rappelé que la meilleure amie du jeune homme l'avait encouragé en disant que son parrain n'était "pas un boyfriend", ce qui a été jugé révélateur par la défense. "Ce qui s'est passé cette nuit-là était extrêmement volatil mais consenti", a plaidé Me Lasek. La décision a été mise en délibéré au 22 juin.



