15 ans de prison pour tentative de meurtre au restaurant l'Estragon à Monaco
15 ans de prison pour tentative de meurtre à Monaco

Le tribunal criminel de Monaco a condamné ce vendredi 3 juillet 2026 Rocco Emilio Tramontana, ancien cuisinier du restaurant l'Estragon, à 15 ans de réclusion criminelle pour tentatives de meurtre. L'accusé, âgé de 64 ans, a été reconnu coupable d'avoir poignardé à l'abdomen un plongeur sénégalais de 56 ans, Marc, le 8 août 2023, et d'avoir poursuivi couteau en main une employée de 61 ans, Lucie, avec qui il avait eu une brève relation. Il a en revanche été relaxé des chefs de menaces de mort, faute de preuves suffisantes.

Un procès marqué par les revirements de l'accusé

Durant les quatre jours d'audience, Rocco Emilio Tramontana a maintenu sa version des faits : il n'aurait pas eu l'intention de tuer, mais seulement de blesser. Pourtant, le premier jour du procès, il avait reconnu la tentative d'homicide, suscitant un espoir chez les victimes, rapidement déçu par son revirement le lendemain. L'avocat de Marc a dénoncé une « stratégie du trou noir », l'accusé affirmant ne pas se souvenir de ses actes, ce que les experts médicaux ont jugé improbable.

Les victimes ont vécu le procès comme une épreuve, marquée par des malaises, des larmes et des suffocations. L'avocat de Marc a souligné que son client ne devait sa survie qu'à sa bonne étoile, ajoutant : « On ne peut pas dire qu'on voulait simplement faire mal en donnant un coup de couteau. On connaît les risques majeurs. »

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Des faits d'une violence extrême

Le 27 juillet 2023, quelques jours avant le drame, Rocco Emilio Tramontana avait déjà menacé Lucie en lui plaçant un couteau sous la gorge, lui lançant : « C'est ainsi que tu finiras tes jours ». Le 8 août, il a poignardé Marc sans raison apparente, puis s'est lancé à la poursuite de Lucie, qui n'a dû son salut qu'à la fuite et à l'intervention d'un tiers. La substitute du procureur, Christine Mutiloa, a requis 15 ans de réclusion, estimant que l'accusé n'était « pas prêt à être remis en liberté », et a souligné son attitude « particulièrement désagréable » durant le procès, où il tentait de déstabiliser les victimes et remettait en cause les expertises.

La défense invoque l'humanité et le Christ

L'avocat de la défense, Me Sosso, a plaidé pour l'empathie des magistrats, évoquant la croix surplombant le tribunal comme symbole du sacrifice du Christ et appelant à « être humain pour les victimes, mais encore plus pour celui qui est accusé ». Il a demandé l'acquittement pour les menaces de mort, remettant en cause la parole de Lucie et soulignant l'absence de témoins directs. Malgré ses arguments, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet.

Une peine assortie d'interdictions

Outre les 15 ans de réclusion criminelle, la condamnation inclut une interdiction de paraître à Monaco pendant 10 ans et une interdiction de contact avec les victimes pour la même durée. L'accusé, qui s'est contenté d'excuses « du bout des lèvres » et d'une comparaison hasardeuse avec « les Allemands après la Seconde Guerre mondiale », est en détention depuis le 10 août 2023. La défense a annoncé qu'elle réfléchirait à un pourvoi en révision dans les jours à venir.

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