Douze palmiers sur les quarante-deux que compte la place de la Liberté, dans le centre-ville de Toulon, sont morts ces dernières semaines après une infestation par le charançon rouge, un insecte coléoptère originaire d'Indonésie. La municipalité a programmé leur remplacement par une espèce plus résistante, le Washingtonia.
Une menace ancienne et persistante
Le charançon rouge, apparu en France il y a vingt ans dans la région de Sanary, continue de faire des ravages. L'an dernier déjà, cinq palmiers avaient succombé sur la même place. Albert Tanguy, adjoint au maire chargé des Espaces verts, explique : « Les palmiers du genre Phoenix sont particulièrement vulnérables face au charançon. On va devoir changer d'espèce et les remplacer par des Washingtonia, bien plus résistants. L'abattage se fera en septembre et la replantation en fin d'année. » Chaque nouveau sujet coûte environ 1 200 euros.
Un patrimoine menacé
Les palmiers de la place de la Liberté, plantés à la Belle Époque, sont un élément emblématique du paysage toulonnais. Hervé Pietra, président de l'association Sauvons nos palmiers, déplore l'absence de lutte active : « Aujourd'hui, les villes ne luttent plus. Elles abattent ceux qui sont atteints et les remplacent. Alors qu'il y a des solutions qui marchent. » Il préconise le piégeage du Rhynchophorus ferrugineus, le nom scientifique du charançon, et l'utilisation de produits phytosanitaires.
Des alternatives pour la biodiversité
Certains spécialistes de la nature en ville soulignent que les palmiers ne sont pas les meilleurs alliés de la biodiversité urbaine. Leur floraison est brève et ils produisent moins de nectar et de pollen que des arbres comme les tilleuls ou les micocouliers. Leur ombre reste également modeste. Malgré cela, Hervé Pietra insiste sur l'attachement des habitants à ces arbres « mythiques » qui méritent tous les soins.
Un fléau mondial
La propagation du charançon rouge est prise très au sérieux par les autorités sanitaires. Les larves creusent des galeries dans la couronne du palmier et se nourrissent de ses tissus vivants, provoquant l'effondrement de la couronne et la mort de l'arbre en deux à cinq ans si le bourgeon terminal est détruit. La municipalité de Toulon espère que le remplacement par des Washingtonia, moins sensibles, permettra de préserver l'allée emblématique.



