Mexique: outsider crédible ou futurs quarts de finalistes ?
Mexique: outsider crédible ou futurs quarts ?

Le Mexique, pays hôte de la Coupe du monde 2026, affiche un parcours parfait : quatre victoires en quatre matches, aucun but encaissé. Pourtant, les avis divergent sur sa capacité à aller au bout. Deux journalistes du service des sports de Var-matin, Guillaume Rathelot et Léon Riva, ouvrent le débat.

Pour Guillaume Rathelot : le cocktail gagnant du Mexique

« Il est là le frisson du Mondial. Arrosé de guacamole, de sauce piquante et de mezcal », s'enthousiasme Guillaume Rathelot. Le Mexique, seul vrai pays de football de la zone Concacaf, organise la compétition pour la première fois depuis 1986. Il y a quarante ans, il avait atteint les quarts de finale, son meilleur résultat historique. Depuis, il a souvent endossé le costume du « perdant magnifique ». Mais cette fois, porté par un peuple extatique, El Tri se donne les moyens d'embrasser son rôle d'outsider.

Le 4-3-3 de Javier Aguirre n'est pas flamboyant, mais il allie panache, rigueur, talent et grinta. En huitièmes de finale, les Équatoriens ont été étouffés et ont encaissé deux buts de grande classe : le troisième de Julián Quiñones et le deuxième de Raúl Jiménez. Roberto Alvarado, troisième attaquant, compte déjà trois passes décisives. Au milieu, la pépite Gilberto Mora, 17 ans, s'est imposée dans le onze titulaire et porte l'espoir de sa nation. « Ces joueurs n'ont pas la notoriété des Messi, Mbappé and co. Qu'importe : c'est rarement l'équipe au plus beau football qui triomphe (rappelez-vous des Bleus en 2018…). Mais souvent la plus solide. Ça, les Mexicains le savent bien : quatre matches, quatre victoires (Afrique du Sud, Corée du Sud, Tchéquie, Équateur) et surtout : aucun but encaissé », souligne Rathelot.

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Pour Léon Riva : après le rêve, le réveil

« À Mexico le 6 juillet, c'est tout un peuple qui rugira derrière son équipe », concède Léon Riva. Les coéquipiers de Raúl Rangel se sont offert le droit d'exulter une dernière fois sur leur territoire national, « aberration d'une Coupe du monde plus états-unienne que panaméricaine oblige ». Oui, ils sont invaincus, oui ils recevront l'Angleterre dans un stade acquis à leur cause, et oui ils font rêver. « Mais si le rêve est le propre du football, ce sport n'est-il pas aussi prompt à briser les espoirs de pays entiers ? L'Allemagne, le Japon et les Pays-Bas vont en dire des nouvelles », prévient Riva.

« Alors, à l'heure où l'on pourrait s'emballer devant ce Mexique, séduisant et imbattable jusqu'ici, comment ne pas faire preuve de prudence ? Aux supporters les songes de gloires et de trophée, aux analystes les calculs. S'il venait à rejoindre les quarts (tâche déjà ardue), que vaudra El Tricolor à l'étranger et face aux cadors annoncés ? Si l'on est réaliste, il peut rêver, oui. Mais vous le savez, nous le savons, ils le savent : le football a ses raisons que les songes ignorent », conclut Léon Riva.

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