Les derniers chiffres officiels sont catastrophiques. La quasi-totalité des établissements pénitentiaires en région Occitanie accueillent le double de détenus que leurs capacités ne leur permettraient. Avec un taux d’occupation de 235,9 % au 1er avril 2029, la maison d’arrêt de Carcassonne est la plus engorgée de la région. Elle est suivie de très près par celle de Nîmes (225,8 %) et les centres pénitentiaires de Toulouse Seysses (225,5 %) et Perpignan (225 %). Globalement, les établissements de la région (hormis celui de Mende) accueillent le double de détenus qu’ils ne le pourraient officiellement.
Des conditions de travail dénoncées
À Carcassonne, qui bat tous les records, 151 prisonniers occupent les 64 places officielles. Fin avril, le personnel manifestait et dénonçait un manque cruel de moyens face au surencombrement des cellules. « Les primo-délinquants se retrouvent avec les récidivistes », dénonçait un syndicaliste auprès de nos confrères de L’Indépendant. « Le surencombrement fait que les risques sont multipliés. On retrouve de tout, des couteaux en céramique, des lames de scie, le tout engendre des violences entre les détenus comme du racket… Un jour ou l’autre, il y aura un flingue ou des explosifs. »
Même constat à Perpignan où les surveillants ont récemment bloqué la prison pour dénoncer leurs conditions de travail. « Il ne reste plus une place. Aujourd’hui, la seule place disponible, c’est un matelas au sol. Les tensions entre détenus se multiplient. Tout comme les agressions envers le personnel », déplore Pierre Gousset, représentant local de l’Ufap Unsa auprès de nos confrères de L’Indépendant.
86 700 détenus en France
Selon les chiffres publiés dernièrement par le service de la statistique des études et de la recherche, au 1er avril 2026, la France comptait globalement +6,3 % de personnes détenues sur un an. « 86 700 personnes sont détenues en France. Parmi ces dernières, 63 900 sont condamnées et 22 700 sont prévenues. » 2 300 personnes sont condamnées à plus de dix ans de prison, 55 200 à cinq ans ou moins (en hausse de +62 % en un an).
Aménagements de peines en hausse
Afin de lutter contre la surpopulation carcérale, les aménagements de peines ont également tendance à augmenter. « Au 1er avril 2026, 19 200 personnes condamnées à une peine d’emprisonnement ferme sont non détenues. Celles-ci exécutent leur peine d’emprisonnement ferme en dehors d’un établissement pénitentiaire dans le cadre d’un aménagement de peine : à domicile sous surveillance électronique ou en placement à l’extérieur dans une structure habilitée. Leur nombre augmente de 7,4 % sur un an. »



