Le 7 juillet 2026, les streameurs Safine et Naruto se sont présentés devant le tribunal correctionnel de Nice pour répondre de propos tenus en direct sur leurs chaînes Twitch. Les deux jeunes hommes, âgés de 22 et 24 ans, sont poursuivis pour incitation à la haine et apologie de crimes contre l'humanité. À la barre, ils ont alterné entre dénégations et excuses, tentant de minimiser la portée de leurs paroles.
Des propos qui ont choqué
Les faits remontent à plusieurs mois. Lors d'un live commun, Safine et Naruto avaient tenu des propos jugés antisémites et négationnistes. Selon l'accusation, ils auraient notamment nié l'existence des chambres à gaz et tenu des blagues sur la Shoah. Le parquet a souligné que ces déclarations, diffusées à plusieurs milliers de spectateurs, avaient un impact particulièrement grave dans un contexte de recrudescence des actes antisémites en France.
« Ce n'était que des blagues »
À l'audience, Safine a déclaré : « Je ne pensais pas que cela aurait un tel retentissement. C'étaient des blagues entre potes, je ne suis pas antisémite. » Naruto, de son côté, a exprimé des regrets : « Aujourd'hui, je réalise que ce n'était pas drôle. Je présente mes excuses à toutes les personnes que j'ai pu blesser. » Mais ces excuses n'ont pas suffi à convaincre les parties civiles, dont la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), qui a rappelé que « l'humour a ses limites, surtout quand il touche à la mémoire des victimes de la Shoah ».
Une peine attendue
Le procureur a requis six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour chacun des deux streameurs. Il a également demandé l'interdiction d'exercer toute activité en lien avec les réseaux sociaux pendant deux ans. La décision a été mise en délibéré au 4 septembre 2026.
Réactions dans le milieu du streaming
Cette affaire a suscité de vives réactions dans la communauté des streameurs. Plusieurs figures du milieu ont condamné les propos de Safine et Naruto, tout en appelant à ne pas généraliser. « Ce genre de comportement nuit à l'ensemble de la profession », a estimé un streameur connu, sous couvert d'anonymat. D'autres ont souligné la nécessité d'une meilleure éducation aux enjeux de la haine en ligne.
Un précédent judiciaire
Ce n'est pas la première fois que des streameurs sont poursuivis pour des propos polémiques. En 2024, un autre influenceur avait été condamné pour des propos homophobes. Ces affaires posent la question de la responsabilité des plateformes et de la modération des contenus en direct. Twitch, la plateforme utilisée par Safine et Naruto, a indiqué avoir suspendu leurs comptes et coopéré avec la justice.



