Israël : le Parlement approuve une commission d'enquête sur le 7 octobre
Knesset : feu vert à une enquête sur le 7 octobre

Le Parlement israélien, la Knesset, a adopté lundi 7 juillet en première lecture un projet de loi visant à créer une commission d'enquête d'État sur les événements du 7 octobre 2023, jour de l'attaque sans précédent menée par le Hamas sur le sol israélien. Le texte, présenté par le député du Likud Boaz Bismuth, a recueilli 50 voix pour, 12 contre et 5 abstentions. Il devra encore passer par deux autres lectures avant d'être définitivement adopté.

Une demande de longue date

La création d'une commission d'enquête indépendante est réclamée depuis plusieurs mois par des familles de victimes, des associations et des membres de l'opposition. Jusqu'à présent, le gouvernement de Benjamin Netanyahu s'y était opposé, préférant une enquête interne à l'armée et au Shin Bet (sécurité intérieure). La pression publique et les critiques internationales ont finalement poussé la coalition à accepter ce processus.

Selon le texte adopté, la commission sera composée de trois membres : un juge à la retraite de la Cour suprême, un ancien chef d'état-major ou un ancien chef du Mossad, et un juriste de renom. Elle disposera de pouvoirs étendus pour convoquer des témoins, réquisitionner des documents et formuler des recommandations.

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Calendrier et enjeux

La commission devra rendre ses conclusions dans un délai de deux ans, avec un rapport intermédiaire au bout d'un an. Ses travaux porteront sur les défaillances sécuritaires et politiques qui ont permis l'attaque du 7 octobre, qui a fait plus de 1 200 morts et 250 otages. L'opposition, notamment Yesh Atid et le parti travailliste, a salué cette avancée tout en regrettant que la commission ne soit pas mise en place plus tôt.

"C'est une étape nécessaire pour rétablir la confiance du public", a déclaré le député d'opposition Yair Lapid. "Mais il est regrettable qu'il ait fallu tant de temps pour y parvenir." De son côté, le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a soutenu le projet en soulignant que "seule une enquête transparente permettra de tirer les leçons de cette tragédie".

Réactions et critiques

Des familles de victimes ont exprimé leur soulagement, mais aussi leur inquiétude quant à l'indépendance réelle de la commission. "Nous espérons que la commission ne sera pas un outil de plus pour étouffer la vérité", a déclaire Nava Ben-Or, dont la fille a été tuée dans le kibboutz Be'eri. Certains membres de la coalition d'extrême droite ont voté contre, estimant que l'enquête affaiblirait l'armée et le gouvernement.

À l'international, l'initiative a été accueillie avec prudence. L'Union européenne a salué "un pas dans la bonne direction" tout en rappelant la nécessité de garantir l'impartialité de la commission.

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