Mort de Quentin D. à Lyon : un étudiant en mathématiques et catholique traditionaliste au cœur d'une tragédie
Quentin D., un étudiant de 23 ans, est décédé le 14 février 2026 des suites d'une violente agression survenue jeudi en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Transporté à l'hôpital Edouard Hériot avec un pronostic vital engagé, il a succombé à ses graves blessures. Selon Maître Fabien Rajon, l'avocat de la famille, il aurait reçu des coups à la tête alors qu'il gisait inanimé au sol.
Un étudiant en mathématiques et un militant pacifique
Quentin était inscrit en BUT Sciences des données à l'Université Lumière Lyon 2, qui a exprimé sa tristesse face à ce décès tragique. Il vivait en colocation dans le Vieux Lyon avec trois autres personnes. Rémy Chemin, l'un de ses colocataires, le décrit comme quelqu'un qui travaillait beaucoup, parfois jusqu'à 4 heures du matin, et pratiquait la boxe et la musculation près de Saxe-Gambetta. Originaire de Saint-Cyr-sur-le-Rhône, il s'adonnait au tennis et à la philosophie.
Récemment converti au catholicisme, Quentin prônait un militantisme pacifique selon son avocat. Une connaissance de jeunesse citée par Le Progrès le décrit comme profondément gentil, simple et candide, ce qui en aurait fait une proie facile.
Engagements dans des groupes d'extrême droite
Quentin était sympathisant du groupe nationaliste révolutionnaire lyonnais Audace et avait été membre du mouvement royaliste Action Française à Vienne. Un porte-parole anonyme d'Audace a affirmé à l'AFP qu'il participait à des entraînements sportifs, comme la boxe ou le footing, et le décrivait comme calme, non violent et intellectuel, aimant lire l'actualité.
Selon Libération, il faisait également partie du groupuscule néofasciste Allobroges Bourgoin, basé en Isère, et aurait participé au défilé néofasciste parisien du Comité du 9 Mai en 2025.
Doutes sur son rôle dans le service d'ordre
Maître Fabien Rajon insiste sur le fait que Quentin défendait ses convictions de manière non-violente et n'était ni agent de sécurité ni membre d'un service d'ordre. Cependant, le collectif d'extrême droite Némésis, qui organisait une action de protestation lors de la conférence de Rima Hassan, affirme dans un communiqué sur X que Quentin faisait partie des jeunes hommes présents pour assurer la sécurité de ses militantes.
Une foi catholique traditionaliste et un engagement social
Quentin fréquentait la paroisse Saint-Georges à Lyon, où la messe est célébrée en latin. L'abbé Laurent Spriet, recteur de l'église, le connaissait bien mais a refusé d'en dire plus par respect. Un paroissien anonyme a révélé que Quentin était investi dans l'accueil Saint-Martin, servant des soupes populaires aux plus démunis.
Il était aussi un fidèle de la communauté de Notre-Dame de l'Isle à Vienne et assistait régulièrement aux événements de l'Academia Christiana, une organisation catholique liée à la Manif Pour Tous, sans en être un membre actif selon son président Victor Aubert.
Ce portrait complexe d'un jeune homme joyeux, intellectuel et engagé soulève de nombreuses questions sur les circonstances de sa mort et les tensions politiques à Lyon.



