L'enquête ouverte après la mort en direct de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, a mis au jour les importants flux financiers générés par le trash-Web. Selon les investigations du service local de police judiciaire et du groupe interministériel de recherche, des centaines de milliers, voire des millions d'euros, sont versés par les plateformes de diffusion et des entreprises en quête de visibilité.
Des revenus colossaux pour les streamers
La société Jeanbarette, créée par Raphaël Graven en 2021, a encaissé 125 000 euros jusqu'à son décès en août 2025. Mais cette vitrine légale ne représentait qu'une partie de ses revenus. Graven a également perçu au moins autant directement sur ses comptes personnels, via des opérateurs comme Kick, Google, PayPal ou Pipo Europe Limited. Les paiements transitaient par des intermédiaires : Uni-Verse, Fret Express, Burst, ou BA2S, une agence de publicité spécialisée dans les réseaux sociaux.
Des sponsors prestigieux
Ces intermédiaires trouvaient également des « mécènes » pour financer les événements en ligne des streamers. Près de 2,5 millions d'euros ont été retracés dans le cadre de l'enquête niçoise, provenant d'entreprises comme Asus, Acer Computer, Fnac Darty, et même le PSG. Owen Cenazandotti, alias Narutovie, a tiré plus de 450 000 euros de cette collaboration en trois ans, versés sur les comptes de sa société ou directement dans sa poche. Il reversait avec parcimonie à ses comparses, Safine Hamadi, Stéphane Guy (Coudoux), et son frère Gwenaël.
Des pratiques fiscales douteuses
Les « Youtubeurs » de la vallée du Paillon oubliaient systématiquement de déclarer leurs revenus aux impôts. L'enquête a également établi des virements opaques vers Malte. Selon les enquêteurs, ces pratiques révèlent une phobie administrative généralisée parmi les streamers.



