Prison avec sursis et amende requises contre le maire d'Arcachon
Prison avec sursis et amende requises contre maire d'Arcachon

Quatre mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende ont été requis, ce mercredi, à l'encontre du maire LR d'Arcachon (Gironde), Yves Foulon, jugé pour des injures, menaces et violences à l'encontre de son principal opposant, Vital Baude. La procureure Marianne Dewas n'a pas demandé de peine d'inéligibilité « car les faits restent isolés ». Le prévenu, âgé de 67 ans et à la tête de la cité girondine depuis un quart de siècle, n'a jamais été condamné dans le passé. Mais la magistrate a fait de ce dossier « la plus grave » des affaires d'atteinte aux élus dont le parquet de Bordeaux a été saisi depuis que le gouvernement en a fait une priorité de sa politique pénale.

Des insultes filmées à son insu

« Fils de pute », « enculé », « vous êtes une merde »… Filmé à son insu le 15 mars, au matin du premier tour des élections municipales, l'édile sortant avait copieusement insulté Vital Baude, 50 ans, son adversaire écologiste. Le média en ligne Vakita avait publié la vidéo deux jours plus tard. Pour ces injures non publiques, la procureure a requis une amende contraventionnelle de 38 euros. Elle a réclamé, en revanche, quatre mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour les menaces et violences également reprochées à l'ancien député.

« Vous vous comportez mal », avait lancé d'emblée Yves Foulon à Vital Baude ce jour-là, ajoutant : « Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée ».

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Des « menaces très claires de harcèlement »

Le maire d'Arcachon reprochait à son opposant d'avoir publié, pendant la campagne, une photo du chantier de sa maison, construite à la place d'une villa patrimoniale de la cité balnéaire qu'il avait fait démolir. « Je vais tout faire pour vous baiser et je vais trouver quelque chose […] dans votre vie personnelle », lance le maire. Des « menaces très claires de harcèlement », selon la magistrate.

Le plaignant accuse aussi le prévenu de l'avoir poussé en arrière puis de lui avoir porté la main au niveau du menton, ce qu'Yves Foulon nie et ce que la vidéo ne montre pas. « Ne me frappez pas », entend-on seulement dire Vital Baude. « Ces faits sont parfaitement établis », a estimé la procureure.

La défense plaide l'ajournement

Dénonçant un « montage (vidéo) savamment orchestré » et « une intention manifeste de nuire », la défense a plaidé l'ajournement de peine pour les injures et la relaxe pour les deux autres « accusations ». Jugement le 20 août.

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