Violences périscolaires à Paris : la commission Garapon entame ses travaux
Périscolaire parisien : la commission Garapon démarre

La commission d'enquête indépendante sur les violences dans le périscolaire parisien, présidée par le magistrat Antoine Garapon, a officiellement entamé ses travaux ce lundi 1er juillet. Cette instance a été créée à la suite de révélations de maltraitances et de violences physiques et psychologiques dans plusieurs centres de loisirs de la capitale, qui ont émergé depuis l'automne 2023.

Une vingtaine de signalements examinés

Selon les informations communiquées par la mairie de Paris, la commission est chargée d'analyser une vingtaine de signalements faisant état de faits de violence, allant de brutalités physiques à des humiliations verbales, perpétrés par des animateurs ou des agents municipaux sur des enfants âgés de 3 à 11 ans. Ces incidents se seraient produits dans des accueils de loisirs situés dans les 10e, 13e, 18e et 19e arrondissements, entre 2021 et 2023.

Une enquête préliminaire déjà ouverte

Le parquet de Paris avait déjà ouvert une enquête préliminaire en mars 2024 après la diffusion d'un signalement interne à la mairie, qui décrivait des faits de violence dans un centre du 13e arrondissement. Cette enquête, confiée à la brigade de protection des mineurs, a permis d'identifier plusieurs victimes potentielles et de recueillir des témoignages de parents et d'anciens animateurs.

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Antoine Garapon, magistrat honoraire et ancien président de l'Association française de philosophie du droit, a déclaré lors de la première réunion : « Notre objectif est de faire toute la lumière sur ces faits graves et de proposer des recommandations pour que de tels agissements ne se reproduisent plus. » Il a précisé que la commission auditionnerait une trentaine de personnes, dont des agents municipaux, des responsables de centres, des parents d'enfants victimes et des experts en protection de l'enfance.

Des mesures immédiates annoncées

La mairie de Paris, par la voix de son adjoint à l'éducation, a annoncé des mesures immédiates, notamment le renforcement des contrôles inopinés dans les centres de loisirs et la mise en place d'une cellule d'écoute psychologique pour les enfants et les familles concernées. Un audit des procédures de recrutement et de formation des animateurs a également été lancé.

Selon un rapport interne de la Ville de Paris, consulté par Le Monde, près de 15 000 enfants fréquentent quotidiennement les accueils périscolaires parisiens, encadrés par environ 3 500 animateurs. Le nombre de signalements de violences reste faible, mais leur gravité a suscité une vive émotion parmi les parents et les élus.

Un calendrier de travail serré

La commission doit remettre ses conclusions d'ici la fin du mois de septembre 2024. Ses travaux seront menés à huis clos, mais un rapport public sera publié à l'issue de la procédure. Antoine Garapon a insisté sur l'indépendance de la commission : « Nous ne sommes pas là pour couvrir qui que ce soit, mais pour dire la vérité et restaurer la confiance des familles. »

Les syndicats de la fonction publique territoriale, qui avaient dénoncé des conditions de travail dégradées dans les centres de loisirs, ont salué la création de cette commission tout en réclamant des moyens supplémentaires pour le secteur périscolaire.

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