Un homme était jugé par le tribunal correctionnel de Pau ce lundi 4 mai pour des faits de violences sur son fils sur une durée de sept années. Absent lors de l'audience, il risque de la prison ferme.
Des violences présumées sur sept ans
Pour cette audience, ni le prévenu ni la victime présumée ne se sont présentés. D'un côté, un mineur terrifié ; de l'autre, son père, qui conteste les accusations et n'a pas comparu devant le juge et ses assesseurs. De 2016 à 2022, le garçon se plaint d'un calvaire qu'il aurait traversé dans le petit hameau de Lacarry-Arhan-Charritte-de-Haut, en Soule au Pays basque, où il vivait avec son géniteur, sa nouvelle conjointe et sa petite sœur.
Durant ces années, selon l'avocat de la partie civile, « un climat de terreur régnait » dans la maison. C'est en 2023, après une plainte de la mère pour des coups que son ex-mari aurait infligés au jeune homme, que ce dernier a déroulé les sévices subis.
Des sévices d'une cruauté extrême
Le président du tribunal a énuméré les paroles de l'enfant : « Il m'a suspendu par les pieds à la fenêtre parce que je ne voulais pas me doucher » ; « il m'a enfermé dehors tout nu à 7 ans » ; « il m'a forcé à nettoyer les excréments de ma sœur avec la langue ». Des mots qui font froid dans le dos et qui, selon l'avocat, « témoignent d'un sadisme morbide », évoquant également des « baffes et des coups de pied ».
Une ligne de défense qui s'effrite
Après le dépôt de plainte de la mère, le prévenu avait été interpellé et placé en garde à vue avec sa seconde ex-compagne. Celle-ci avait d'abord démenti les brutalités, estimant que l'enfant « racontait des histoires », une ligne partagée par le couple. Mais après la condamnation de l'homme pour violences conjugales en 2024, la quadragénaire a avoué avoir agi sous sa manipulation et avoir été témoin de certaines scènes décrites par le jeune.
Malgré ces éléments, le prévenu reste catégorique et nie en bloc. Pour lui, son fils et ses ex-compagnes inventent ces scénarios pour lui nuire. Actuellement employé dans un bar de Seignosse dans les Landes, il a choisi de ne pas être représenté au tribunal.
Des séquelles psychologiques lourdes
L'enfant présente de lourdes séquelles. Un rapport de l'unité médico-judiciaire de Pau fait état d'une personnalité sujette au stress, à des angoisses, avec des idées suicidaires et une grande crainte de recroiser son père. « Il aimerait avoir un couteau avec lui en permanence », illustre son avocat. Le ministère public a considéré qu'« un enfant ne pouvait pas inventer des choses pareilles » et a requis un an de prison ferme ainsi que le retrait de toutes responsabilités parentales. La décision a été mise en délibéré et pourrait être rendue dans le courant du mois de mai.



