Ex-animatrice jugée à Marseille pour violences sur six enfants de 3 à 5 ans
Marseille : ex-animatrice jugée pour violences sur six enfants

Une ex-animatrice d’un centre de loisirs marseillais a comparu devant le tribunal correctionnel pour des actes de maltraitance sur six enfants âgés de 3 à 5 ans, qu’elle avait filmés et diffusés sur les réseaux sociaux durant l’été 2024. Le parquet a requis 210 heures de travail d’intérêt général (TIG) à son encontre.

Des vidéos choquantes diffusées sur les réseaux sociaux

Amina L., âgée de 20 ans au moment des faits, était poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation : violences sur mineurs de moins de 15 ans par personne ayant autorité, diffusion d’images relatives à une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne, atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission d’image, et enregistrement ou fixation d’image à caractère pornographique d’un mineur de 15 ans. Ce dernier chef concerne une capture d’écran et une vidéo d’un enfant de 3 ans nu, couvert de mousse dans une douche, accompagnée d’un commentaire obscène.

Fin juillet 2024, la jeune femme, titulaire d’une partie du Bafa et employée par le centre Léo-Lagrange dans le VIIIe arrondissement de Marseille, avait filmé puis diffusé dans ses stories des humiliations et des actes de maltraitance sur six enfants dont elle avait la charge. Les vidéos montraient notamment des enfants forcés à proférer des insultes sous les rires d’autres animateurs, des bisous forcés sur la bouche, un petit garçon en pleurs contraint de sauter à cloche-pied mains sur la tête pour s’être réveillé pendant la sieste, ou encore une fillette les cheveux pris dans un ventilateur, le tout accompagné de commentaires dégradants et d’émojis moqueurs.

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Une affaire qui a scandalisé Marseille

Publiées initialement sur le compte privé de l’animatrice, rapidement suspendu, les images ont été largement diffusées et sont toujours en ligne. C’est la mère de deux des enfants, cheffe d’entreprise et influenceuse marseillaise, alertée par une de ses abonnées, qui a donné l’alerte via ses réseaux sociaux. En garde à vue, Amina L. avait déclaré ne pas avoir « vu le mal sur le moment ».

À l’audience, la jeune femme, décrite comme immature lors de son suivi psychologique, a affirmé : « Lorsque j’ai revu les vidéos, j’ai été choquée de comment je me suis comportée. Ça ne se fait pas, ce n’est pas le comportement d’une animatrice. » Elle a ajouté : « Dans notre génération, on filme un peu tout. »

Les parents, extrêmement émus, ont exprimé leur traumatisme, leur rage et leur culpabilité, dénonçant « le sadisme et la méchanceté » de l’ex-animatrice. Leurs avocats ont réclamé des dizaines de milliers d’euros de dommages et intérêts.

Des réquisitions jugées trop clémentes par les parents

La substitute du procureur, Marie-Aude Fichet, a requis 210 heures de TIG sous peine d’une amende de 200 euros, une interdiction de toute activité avec des mineurs pendant trois ans et une interdiction de contact avec les victimes et leurs parents. Cette décision a « déçu » les parents, qui espéraient une sanction plus sévère.

L’avocat de la défense, Me Aymeric Sagui, a plaidé pour que sa cliente ne soit pas « un bouc émissaire » et a rappelé qu’elle n’était qu’« une pièce infime du puzzle dans un centre aéré chaotique ». Il a insisté sur l’absence de violence physique directe comme des gifles, et a demandé au tribunal d’être « un rempart contre la vengeance publique ».

Le jugement a été mis en délibéré au 24 juin.

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