Emmanuel Pierrat reconnaît le harcèlement moral de ses collaborateurs
Emmanuel Pierrat admet le harcèlement moral

L'avocat parisien Emmanuel Pierrat a reconnu, dès l'ouverture de son procès ce jeudi, s'être rendu coupable de harcèlement moral envers seize anciens collaborateurs. Il a admis que ses actes n'étaient « pas bien, pas normal, pas légal ». Les faits reprochés, commis entre 2015 et 2021, incluent insultes, humiliations et dévalorisations du travail.

Un contexte personnel difficile

Emmanuel Pierrat a expliqué que les années 2010 avaient marqué un tournant dans son comportement, en raison d'un drame familial qui l'a « mis par terre ». Il a évoqué une perte de moyens, une maladresse et une violence croissante au sein de son cabinet. Il a également mentionné la pression économique liée à la croissance du cabinet, des douleurs chroniques après un accident, et son propre vécu de jeune avocat soumis à un management « à l'ancienne ». Il a insisté : « Cela n'excuse pas, mais c'est un contexte qui explique un management de plus en plus durci. »

Des accusations de mensonge

Malgré ses aveux, certains plaignants doutent de sa sincérité. Nino Arnaud, ancien collaborateur, a qualifié Pierrat de « menteur patenté », estimant que ses déclarations étaient préparées. Un autre plaignant anonyme a décrit un climat de « menaces quotidiennes d'être viré, de ne pas être payé », avec des cris et des insultes.

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Un cabinet sous tension

Lors de l'enquête préliminaire, 38 anciens salariés ont décrit un « climat de peur, de tensions et de pression », avec des portes claquées, des hurlements, des objets jetés, et des réunions hebdomadaires tournant à l'humiliation publique. Un « système de listes » de tâches aurait été détourné en outil de surveillance. La liquidation judiciaire du cabinet a été prononcée en 2023, et une procédure disciplinaire avait déjà conduit à une interdiction d'exercice d'un an pour « comportement agressif, insultant et humiliant ».

Complicité et suite du procès

Son ancienne associée, Sophie Viaris de Lesegno, est également jugée pour complicité, soupçonnée d'avoir surveillé les salariés et de ne pas être intervenue. Emmanuel Pierrat a déclaré qu'elle « n'a rien à faire » au tribunal. Le procès doit se tenir jusqu'au 29 mai.

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