Ce mercredi, Yves Foulon, maire d'Arcachon âgé de 67 ans, s'est présenté devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour répondre d'injures et de menaces proférées à l'encontre de Vital Baude, tête de liste divers gauche aux élections municipales. L'altercation s'est déroulée le 15 mars dernier, jour du premier tour, devant un bureau de vote d'Arcachon.
Des propos choquants et des menaces
Yves Foulon a reconnu les propos tenus, mais s'est dit « pas reconnaissant » dans ce qui s'est passé. Il a notamment proféré des menaces comme : « Si je pouvais vous coincer derrière une poubelle, ça me ferait plaisir de vous foutre une branlée » ou encore « si je pouvais vous enculer à vous, je le ferais » et « pendant six ans, cela va être terrible pour vous et votre famille ». Vital Baude, 50 ans, s'est dit « très choqué », en particulier par les menaces visant sa famille. Un médecin légiste lui a attribué deux jours d'ITT.
Des preuves filmées à l'insu du maire
L'opposant portait un micro-cravate et était suivi par un vidéaste dans le cadre d'un documentaire sur sa campagne. La vidéo de l'altercation a été rendue publique par le média Vakita deux jours plus tard. La procureure a rappelé que l'enregistrement à l'insu de Yves Foulon « n'influe en rien sur leur validité ».
Des violences niées par le maire
Si Yves Foulon reconnaît les injures et menaces, il nie toutes violences. Il explique son « emportement » par le fait qu'il aurait été poussé à bout par Vital Baude au sujet de la villa Salesse, acquise en 2020 avec son frère. Les procédures lancées par ses détracteurs, dont Vital Baude, l'ont empêché d'emménager et les travaux lui ont coûté plus cher que prévu. Il se présente comme la véritable victime.
Le détonateur : un visuel de la villa dans les documents de campagne
Le « détonateur » serait l'utilisation par Vital Baude d'un visuel de la villa Salesse dans ses documents de campagne, ce qui constituerait une atteinte à la vie privée selon Yves Foulon. Cependant, la plainte déposée en ce sens a été classée sans suite le 7 mai. L'avocat de Vital Baude, Julien Plouton, a opposé que la conversation n'était pas privée car elle a eu lieu devant un bureau de vote et au sujet d'une villa présentant des éléments patrimoniaux remarquables.
La défense dénonce un enregistrement clandestin
Le camp Foulon souligne que le caméraman était caché derrière des panneaux électoraux et que le micro-cravate n'était pas apparent. L'avocat Arnaud Dupin fustige « un enregistrement clandestin » et estime que Vital Baude aurait agi sciemment pour pousser à l'infraction le maire, lequel aurait réagi sous le coup de « la testostérone ». Ce terme a suscité rires et réactions outrées dans la salle.
Les réquisitions et la suite
La procureure a requis quatre mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende, sans demande de peine d'inéligibilité. Maître Ducos Ader, avocat d'Yves Foulon, a blâmé la « sévérité du parquet », décrivant « des associations et des spécialistes qui emmerdent le monde et passent leur temps à éplucher des permis de construire ». La défense a plaidé la relaxe. Le délibéré sera connu le 20 août.



