Une consultante britannique licenciée par SMS alors qu'elle souffrait de complications liées à sa grossesse a obtenu près de 110 000 euros d'indemnités de son employeur. La justice a estimé que son licenciement était directement lié à son état de grossesse et donc abusif.
Une grossesse compliquée
Paula Miluska travaillait depuis mars 2022 pour l'entreprise immobilière Roman Property Group Limited en tant que consultante en investissement. Quelques mois après son embauche, elle apprend qu'elle est enceinte. Dès le mois de novembre 2022, elle commence à souffrir de fortes nausées matinales, qu'elle décrit comme "horribles". Face à son état, la jeune femme demande à pouvoir travailler à distance. Sa sage-femme lui recommande même le télétravail pendant les semaines les plus difficiles de la grossesse : "En ce moment, si je peux travailler de chez moi, ce sera mieux", écrit-elle à son supérieur, Ammar Kabir.
Un licenciement par SMS
Quelques jours plus tard, alors qu'elle explique avoir été malade plusieurs fois dans la journée et envisage une hospitalisation, son patron lui envoie un message : "Tu t'en doutais probablement déjà, mais on va devoir essayer de trouver quelqu'un pour être au bureau car nous prenons du retard, écrit-il. J'espère que tu ne le prendras pas personnellement ou que tu ne penseras pas qu'on est mauvais, mais on galère vraiment". Le message se termine par : "J'espère te voir bientôt. On a beaucoup de choses à rattraper en dehors du travail", suivie d'un émoji représentant un visage souriant avec les mains levées, surnommé "jazz hands", qualifié plus tard par la consultante de "déplacé". Désemparée, Paula Miluska répond immédiatement qu'elle est confuse : "Je travaille à distance comme convenu depuis que je vous ai annoncé ma grossesse, du mieux que je peux malgré les nausées. J'ai même réussi à obtenir une nouvelle mission alors que je me sentais plus mal que jamais, et maintenant vous me licenciez ?", relate The Independent.
Une décision de justice exemplaire
Devant le tribunal du travail de Birmingham, l'employeur a tenté d'assurer que la salariée n'avait pas été licenciée. Un argument rejeté par le juge Garry Smart, pour qui il est "objectivement clair" que ce SMS mettait fin à la relation de travail. La justice britannique a finalement retenu que la salariée avait été licenciée à cause de sa grossesse et a considéré que cela relevait du licenciement abusif. Paula Miluska a obtenu 93 616,74 livres sterling d'indemnités, soit près de 110 000 euros.



