Laurent Bruneau, le maire d'Agen, a rapidement réagi au courrier anonyme reçu ce mercredi 13 mai, qui contenait trois balles de gros calibre en soutien aux menaces. Ses opposants au conseil municipal ont également réagi. Le cachet de la poste est difficilement lisible au premier coup d'œil, et le maire ne peut donc pas dire d'où le courrier a été expédié. Ce qu'il contient a en revanche poussé le premier magistrat à déposer plainte au commissariat de sa ville.
« J'ai été destinataire ce mercredi 13 mai d'un courrier anonyme de menaces de mort. Cette lettre, accompagnée de trois balles de gros calibre et de propos particulièrement violents, constitue un acte grave d'intimidation qui a immédiatement fait l'objet d'un dépôt de plainte et d'un signalement aux autorités compétentes », explique Laurent Bruneau dans un communiqué transmis quelques heures après cette inquiétante réception.
Une première pour un maire
La lettre était dans une enveloppe adressée au maire, elle-même enveloppée dans une autre adressée à la mairie. Les balles étaient fixées en haut de la feuille de courrier. Tout l'envoi était manuscrit. L'auteur conseillait à l'élu, s'il veut sauver sa peau, de faire certaines choses et de ne pas en faire d'autres. « Dans une démocratie, chacun est libre d'exprimer ses désaccords et ses opinions. En revanche, les menaces, la haine et la violence n'ont pas leur place dans le débat public républicain. »
Cette menace est une première pour un maire d'Agen. Laurent Bruneau a été élu en mars dernier en tête d'une liste d'union de la gauche. Le rapprochement entre les deux événements ne semble pas déstabiliser la victime. « Avec mon équipe, nous tenons à réaffirmer notre attachement aux valeurs de respect, de sérénité et de dialogue. Nous poursuivrons pleinement notre engagement au service de notre ville, avec détermination et sang-froid. À titre personnel, jamais je ne céderai aux intimidations. Je le dois aux Agenaises et aux Agenais que je représente », conclut celui qui, dans la vie, exerce la profession d'avocat.
Empreintes
L'ensemble du pli a fait l'objet des premières analyses, et notamment d'un relevé d'empreintes. Il a aussi suscité de premières réactions : « J'ai appris avec effroi les menaces de mort dont a été l'objet le maire de la Ville d'Agen. Attaché aux valeurs républicaines, à la tolérance et au respect des personnes, j'apporte mon soutien à Laurent Bruneau et à ses proches, et condamne avec la plus grande fermeté ces agissements inacceptables. Depuis plusieurs années, les maires et les élus locaux sont de plus en plus exposés aux menaces, aux insultes et parfois même aux violences. Cette évolution est profondément préoccupante pour notre démocratie et met en évidence des fractures profondes », a écrit l'opposant de droite, Mohamed Fellah. Sur le même mode, le conseiller municipal du RN Nicolas Henry a estimé : « Ces actes d'intimidation sont intolérables. Personne, ni aucun élu, ne devrait recevoir de telles menaces dans l'exercice de ses fonctions. Nous condamnons fermement ce type de méthodes et apportons tout notre soutien à Laurent Bruneau ainsi qu'à son équipe. »



