La croix lumineuse de la pharmacie La Boétie, qui domine la Traverse à Sarlat (Dordogne), s'éteindra définitivement le 1er juin. Quelques centaines de mètres plus loin, avenue Thiers, la pharmacie de la Salamandre fermera ses portes le 30 mai. Deux des cinq officines du centre-ville disparaissent, ne laissant que trois pharmacies en périphérie.
Un sujet qui inquiète
Cette situation préoccupe les habitants et les élus, car elle affecte l'attractivité résidentielle et commerciale du cœur médiéval, ainsi que l'accès aux soins pour les plus fragiles. Lors du dernier conseil municipal, l'adjointe à la santé Virginie Ferrando a présenté une motion pour le maintien d'une offre pharmaceutique de proximité. Le maire LR Basile Fanier a reconnu que la Ville n'avait pas de levier juridique pour empêcher ces fermetures, appelant à la raison les acteurs concernés.
Une motion adoptée, une abstention polémique
La motion a été adoptée à l'unanimité moins une voix : celle de Fabienne Lagoubie (Place publique), qui s'est abstenue en raison de son statut de salariée d'une pharmacie. Épouse de Vincent Lagoubie, pharmacien avenue de Selves, elle a critiqué le maire pour ne pas avoir contacté son mari afin de trouver une solution.
Des enjeux politiques
Le débat prend une tournure politique entre Basile Fanier et Fabienne Lagoubie, anciens adversaires aux municipales. Vincent Lagoubie, via une Société de participation financière des professions libérales (SPFPL), a soutenu une ex-pharmacienne assistante qui a repris la Pharmacie de la Dordogne et racheté les deux officines du centre-ville, avant de décider de les fermer. Le maire dénonce une concentration des pharmacies contraire à l'intérêt du territoire. Fabienne Lagoubie rétorque en soulignant la pénurie de pharmaciens, comparable à celle des médecins, et cite d'autres communes touchées.
Les licences restituées à l'ARS
Les deux licences d'exploitation seront restituées à l'Agence régionale de santé (ARS). Michel Miny, pharmacien de la Traverse âgé de 70 ans, cherchait à vendre son officine depuis cinq ans. Il explique que les petites pharmacies n'attirent plus, avec des horaires lourds (55 heures hebdomadaires sans les gardes). Il estime que Sarlat est configurée pour trois pharmacies, et note que sur les cinq d'origine, trois ont migré en périphérie.



