Hausse des disparitions de mineurs en France : 40 953 cas en 2025
Hausse des disparitions de mineurs : 40 953 cas en 2025

Les signalements de disparitions de mineurs en France ont bondi de 6,4 % en 2025, avec 40 953 cas enregistrés, selon un rapport de la fondation Droit d’Enfance publié ce lundi 25 mai 2026. Cette hausse, portée par les fugues, marque une rupture avec la baisse des dernières années et touche des enfants de plus en plus jeunes.

Un nombre vertigineux de disparitions

Les signalements de disparitions de mineurs ont progressé de 6,4 % en 2025, rompant avec la tendance à la baisse observée ces dernières années, indique lundi 25 mai 2026 la fondation Droit d’Enfance en charge du 116 000, le numéro d’urgence dédié. Au total, 40 953 disparitions de mineurs ont été signalées aux forces de l’ordre en 2025, ce qui représente 112 enfants par jour, précise la fondation dans un rapport publié à l’occasion de la journée internationale des enfants disparus.

Une nette progression des disparitions inquiétantes

Parmi ce total, les signalements portant sur des disparitions inquiétantes ont bondi de 18,6 % à 1 629 cas, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur cités dans le rapport. Ils correspondent à des situations où l’intégrité ou la sécurité de l’enfant apparaît menacée, avec des facteurs de vulnérabilités multiples comme l’emprise, l’exploitation sexuelle ou les troubles psychiques. Pour la première fois, ces disparitions inquiétantes concernent une majorité de mineurs de moins de 15 ans. Chez les jeunes filles, l’exploitation sexuelle représente un risque majeur : elle est présumée ou avérée dans près d’un tiers des dossiers les concernant, chiffre le rapport.

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95 % de signalements liés à des fugues

Pour autant, la hausse globale des signalements, qui rompt avec la baisse observée depuis 2021, est d’abord due à une augmentation du nombre de fugues. Ces dernières ont progressé de 6,2 % sur un an, atteignant 38 706 cas. Les fugues représentent toujours plus de 95 % du total des signalements effectués auprès des forces de l’ordre, détaille le rapport. Près de 38 % d’entre elles concernent des mineurs de moins de 15 ans. « Ce sont de plus en plus de jeunes enfants qui se retrouvent en situation d’errance et de danger », observe auprès de l’AFP Julien Landureau, porte-parole de la fondation.

La nécessité de mieux repérer les signaux

Conflit avec les parents, emprise d’un tiers, recherche d’émancipation : différents motifs expliquent ces fugues, qui peuvent durer quelques heures ou se prolonger plusieurs mois, relève la fondation, qui rappelle l’importance de signaler le plus tôt possible ce type de situation aux forces de l’ordre. Deux tiers des jeunes sont retrouvés ou rentrent volontairement dans les premiers jours. Une fugue « n’est jamais anodine mais peut au contraire révéler une souffrance profonde, une mise en danger ou l’influence d’un tiers », souligne dans un communiqué la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry. « Nous devons mieux prévenir, mieux repérer les signaux faibles. »

Des régressions à nuancer

Les enlèvements parentaux régressent de 7,1 % pour atteindre 618 signalements. « Un chiffre qui peut néanmoins être relativisé étant donné la grande difficulté que rencontrent encore certaines victimes pour signaler ces disparitions lorsque l’enlèvement a été réalisé par l’autre parent », concède le rapport. Le 116 000 est le numéro d’urgence européen gratuit, accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept en cas de disparition d’enfant. Il offre aux parents une écoute, du conseil juridique ainsi qu’un soutien psychologique. Conséquence directe de la hausse des signalements, le nombre d’appels reçus par le 116 000 (49 140) a augmenté de 18,2 %, tout comme le nombre de dossiers ouverts par la cellule de suivi (1 440, +6,6 %).

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