Hamza «la Douane» ciblé par l'extrême droite : ses parents portent plainte
Hamza «la Douane» ciblé par l'extrême droite : plainte

Hamza, un adolescent de 14 ans connu sous le surnom de «la Douane», est devenu la cible d'un véritable déferlement de haine de la part de l'extrême droite et de ses relais médiatiques. Ses parents, choqués par l'ampleur des attaques, annoncent qu'ils porteront plainte contre les auteurs d'insultes racistes et de menaces.

Un adolescent ordinaire devenu phénomène viral

Depuis le 17 juin, la baignade est autorisée dans le Canal Saint-Martin, à Paris. Hamza, comme de nombreux jeunes, profite de cette permission pour se rafraîchir, mais sa manière de le faire a attiré l'attention. Muni d'un pistolet à eau, il arrose les passants et réclame deux euros pour les laisser passer, d'où son surnom «la Douane». Ses vidéos, postées sur les réseaux sociaux, cumulent plusieurs millions de vues en quelques jours.

Très vite, les médias s'emparent de l'histoire. BFMTV envoie un journaliste sur place, qui précise qu'aujourd'hui «il n'a arrosé personne» car «il ne le fait que lors des fortes chaleurs». Le Figaro titre «Nouvelle terreur du Canal Saint-Martin» et lui consacre quatre articles en deux jours, affirmant que le préado serait connu défavorablement des services de police.

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Un déferlement de haine raciste

Sur X (anciennement Twitter), des comptes réactionnaires postent frénétiquement des messages, images et vidéos d'Hamza, sans flouter son visage. Les commentaires sont émaillés d'interrogations aux relents racistes sur ses origines, certains allant jusqu'à réclamer la suspension des allocations de ses parents. CNews et d'autres médias de la «Bollosphère» le présentent comme le «visage de la délinquance juvénile» semant «la terreur», en insistant sur ses interpellations et gardes à vue.

L'essayiste et militante antiraciste Fatima Ouassak dénonce : «La France, ce pays raciste qui ne supporte pas la présence des enfants non-blancs dans l'espace public.» Hamza lui-même confie au Parisien : «Il y a beaucoup de messages racistes, ça casse la tête. Mais je m'en fous de tous ces gens. Ils sont mauvais.»

Des poursuites judiciaires engagées

L'avocate Elsa Marcel, conseillère municipale à Saint-Denis Pierrefitte sous l'étiquette Révolution permanente, annonce qu'elle défend désormais Hamza et sa famille. Dans un communiqué, elle dénonce des «messages hostiles», des «menaces» et des «publications attentatoires à sa dignité», impactant également sa famille. Elle précise que ses parents n'hésiteront pas à porter plainte «à l'encontre de toute personne s'étant rendue coupable d'infractions pénales».

SOS Racisme saisit l'Arcom, rappelant que cette vague de haine est systémique et dépasse le cas d'Hamza. L'association cite l'exemple d'enfants d'une école maternelle à Montreuil dont une vidéo tronquée a été utilisée pour les assimiler à des terroristes du Hamas, ainsi que le déferlement de haine suscité par le prénom Zaïd, premier bébé de 2026, et les propos d'Éric Zemmour sur les mineurs isolés.

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