Nouveau tournant historique dans l'affaire du site pornographique « French Bukkake ». La chambre de l'instruction a ordonné ce jeudi 28 mai 2026 le renvoi des seize accusés devant une cour d'assises, et non devant une cour criminelle, pour les faits commis entre 2015 et 2020. En retenant le sexisme et le racisme comme circonstances aggravantes, la justice durcit considérablement les peines encourues par les producteurs, acteurs et dirigeants de la plateforme.
Un choix de juridiction historique
Ce renvoi fait suite à la bataille menée par une trentaine de parties civiles, appuyées par un arrêt de la Cour de cassation de mai 2025. La plus haute juridiction avait estimé que les insultes proférées lors des tournages visaient spécifiquement les victimes en raison de leur genre ou de leur origine. En retenant ces circonstances aggravantes, la justice fait encourir une peine beaucoup plus lourde aux seize accusés, qui risquent désormais plus de vingt ans de réclusion criminelle.
Des violences dénoncées par les victimes
Pour les avocats des victimes, ce renvoi est une victoire essentielle. Me Lorraine Questiaux a souligné que « la dimension raciste et sexiste des viols n'est pas du tout anecdotique, elle montre que la haine est au cœur du modus operandi de l'industrie pornographique ». Face aux arguments de la défense qui plaide le consentement et un « jeu d'acteurs », les plaignantes dénoncent des tortures et des viols réels. L'une d'elles, Fanny, a fermement balayé cette ligne de défense : « Je n'ai pas été une actrice. Tout ce qui a été montré à l'écran, la violence, les viols, je les ai vécus, il n'y a pas eu de simulation ».
La défense attend les motivations écrites
Les avocats de la défense ont indiqué qu'ils attendaient de recevoir les motivations écrites de la cour avant de s'exprimer. Ce premier grand procès en France lié aux violences sexuelles et à la traite d'êtres humains dans le milieu du porno amateur marque une étape cruciale dans la justice française face aux dérives de l'industrie pornographique.



