Face à la déferlante de cocaïne, le gouvernement met les douanes dans l'engrenage
Face à la déferlante de cocaïne, les douanes mobilisées

Face à une augmentation spectaculaire des saisies de cocaïne en France, le gouvernement a annoncé un renforcement massif des moyens des douanes. Selon les chiffres officiels, les quantités de cocaïne interceptées ont bondi de 150% en cinq ans, atteignant 23 tonnes en 2023. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a dévoilé un plan visant à recruter 200 agents supplémentaires et à déployer des scanners à rayons X dans les principaux ports et aéroports.

Un trafic en pleine expansion

Le trafic de cocaïne connaît une croissance exponentielle en Europe, et la France est devenue une plaque tournante. Les saisies record de ces dernières années témoignent de l'ampleur du phénomène. En 2022, les douanes françaises avaient déjà saisi 16 tonnes, un chiffre qui a grimpé à 23 tonnes en 2023. "Nous sommes confrontés à une véritable déferlante", a déclaré Gérald Darmanin lors d'une conférence de presse au port du Havre. "Les trafiquants utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées, et nous devons nous adapter."

Des moyens technologiques renforcés

Le plan gouvernemental prévoit l'acquisition de 50 nouveaux scanners à rayons X, capables de détecter la cocaïne dissimulée dans des cargaisons ou des véhicules. Ces appareils seront installés dans les ports de Marseille, du Havre et de Dunkerque, ainsi que dans les aéroports de Roissy et d'Orly. "Ces scanners permettront de contrôler jusqu'à 80% des conteneurs, contre seulement 30% actuellement", a précisé le ministre. Par ailleurs, des drones de surveillance seront déployés pour traquer les trafics en haute mer.

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200 nouveaux postes aux douanes

Pour accompagner ces équipements, le gouvernement a annoncé le recrutement de 200 agents des douanes supplémentaires d'ici 2025. Ces effectifs viendront renforcer les équipes déjà en place, notamment dans les ports et aéroports. "Les douaniers sont en première ligne, et ils ont besoin de renforts", a souligné Gérald Darmanin. Le coût total de ce plan est estimé à 120 millions d'euros, financé par le budget de l'État.

Une coopération internationale renforcée

Au-delà des mesures nationales, le gouvernement mise sur une coopération accrue avec les pays européens et sud-américains. Des accords de partage de renseignements ont été conclus avec la Colombie, le Pérou et la Bolivie, principaux producteurs de cocaïne. "Le trafic de cocaïne est un fléau mondial qui nécessite une réponse coordonnée", a déclaré le ministre. La France participera également à des opérations conjointes avec l'agence européenne Frontex pour intercepter les cargaisons en mer.

Des résultats déjà visibles

Les premières mesures semblent porter leurs fruits. En 2024, les saisies de cocaïne ont déjà atteint 12 tonnes au premier semestre, en hausse de 20% par rapport à la même période en 2023. "Nous sommes sur la bonne voie, mais la lutte est loin d'être terminée", a averti Gérald Darmanin. Les autorités estiment que 80% de la cocaïne consommée en France provient d'Amérique du Sud, transitant principalement par les ports de l'Atlantique et de la Méditerranée.

Un défi pour la santé publique

Au-delà des aspects répressifs, le gouvernement s'inquiète des conséquences sanitaires de cette consommation massive. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, le nombre d'usagers réguliers de cocaïne a augmenté de 30% en dix ans, atteignant 1,5 million de personnes. "La cocaïne n'est plus une drogue de riches, elle se démocratise et touche toutes les classes sociales", a alerté le ministre de la Santé, François Braun. Des campagnes de prévention seront renforcées dans les établissements scolaires et les lieux de fête.

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