Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est exprimé ce jeudi 2 juillet lors d'une session spéciale des Rencontres économiques d'Aix, où il est arrivé en fin d'après-midi, prenant le temps d'échanger avec le président du Medef Patrick Martin. Face à un public plutôt conquis, le représentant du gouvernement a mis en garde contre « la faute » que représenterait l'absence de vote du budget.
Un appel au compromis budgétaire
« Ne pas avoir de budget serait une faute, mieux vaut voter un budget de compromis que d'envoyer le pays dans le ravin », a déclaré Sébastien Lecornu. Il a expliqué que « le budget pour 2027 entrerait en application à la fin de l'année 2027 dans ce cas. Les marges de manœuvre seraient forcément fiscales ensuite pour redresser, et seraient très hard. Il vaut mieux un budget de compromis que d'aller à la faute en mettant le pays dans le ravin. Il faut que les parlementaires défendent avant tout l'intérêt général. »
Treizième motion de censure et bataille culturelle
Le Premier ministre a rappelé que « lundi le gouvernement va affronter sa treizième motion de censure ». Il s'est étonné : « Comment en neuf ans on a pu enregistrer des résultats économiques, toucher au droit du travail, à la politique de l'offre, baisser la fiscalité, comment avons-nous pu être battus sur le terrain culturel ? À l'automne dernier l'outil de production est apparu pour la majorité des élites politiques comme une assiette fiscale disponible ? Le rapport à l'entreprise s'est inversé. »
« On a perdu la bataille culturelle ! » a martelé le Premier ministre, appelant à « reprendre son bâton de pèlerin » pour « embarquer les Français », notamment vers le progrès, comme la mise en œuvre de l'intelligence artificielle dans le monde du travail, dont l'impact devra être abordé par les partenaires sociaux dans le cadre du dialogue social.
Transmission du grand capital et innovation
Sébastien Lecornu a également repris à son compte une idée du prix Nobel d'économie Philippe Aghion : « Sur les transmissions du grand capital n'y a-t-il pas quelque chose à faire pour alimenter des fonds de souveraineté qui permettraient d'accélérer ? Je dis chiche, et d'ici la fin de l'année. » Il a résumé : « On n'y est pas arrivé parce que nous étions minoritaires. Et nous ne l'étions pas complètement sinon vous auriez eu la taxe Zucman ou la suppression du pacte Dutreil. »



