Procès à Paris : un ex-chauffeur jugé pour viols sur des handicapés
Ex-chauffeur jugé pour viols sur des handicapés

Un ancien chauffeur de bus de 70 ans, Denis L., comparaît à partir de mercredi devant la cour criminelle de Paris pour des violences, agressions sexuelles et viols commis sur plusieurs personnes en situation de handicap, dont des mineures. Les faits se sont produits alors qu'il travaillait pour une société chargée de transporter ces jeunes vers leur établissement scolaire.

Les victimes et les faits reprochés

Sur le banc des parties civiles se trouvent Zoé, accompagnée de ses parents, et Majib (prénoms modifiés), avec ses frères. Une troisième victime présumée, Julia (prénom modifié), a choisi d'éviter le rappel des faits par le président, tandis qu'une autre jeune fille n'a pas souhaité se constituer partie civile. Face à eux, dans le box des accusés, Denis L., marié et père de deux enfants.

L'affaire a débuté en avril 2022 avec une plainte déposée par la mère de Zoé pour agression sexuelle. Zoé, alors âgée de 15 ans et atteinte d'un handicap cérébral entraînant la paralysie de certains membres, a déclaré aux enquêteurs que Denis L. avait pris l'habitude d'entrer dans le véhicule qui la transportait en classe pour la caresser au niveau des seins et des fesses. Lors d'une audition ultérieure, elle a également évoqué une quinzaine de viols digitaux. Elle a ajouté que l'accusé lui faisait peur et l'avait menacée, disant que si elle parlait, il s'en prendrait à sa famille.

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Un prédateur selon l'avocat des parties civiles

Une autre jeune fille, Julia, 12 ans, atteinte d'un lourd handicap, a raconté avoir été caressée sur la poitrine. Une troisième jeune fille, tout juste majeure, a affirmé avoir été embrassée de force, tandis que Majib, un jeune homme, s'est vu imposer le visionnage de vidéos pornographiques. Interrogé brièvement par le président de la cour criminelle, Denis L. a reconnu les agressions sexuelles sur les trois jeunes filles ainsi que le fait d'avoir forcé Majib à regarder des vidéos pornographiques. Concernant les viols dont l'accuse Zoé, il continue de nier.

L'homme sera interrogé jeudi par la cour, tout comme les parties civiles assistées de leurs représentants légaux. Majib, en situation de handicap et non verbal, devrait témoigner à l'aide d'une tablette et de son frère. « On ne peut pas faire beaucoup plus vulnérable que ces personnes, qui ont des handicaps très lourds, il y en a qui ont du mal à parler et donc on sait très bien qu'il s'en prend à ces enfants pour éviter qu'ils en parlent. C'est un prédateur et là il a trouvé des proies extrêmement faciles », a déclaré à l'AFP Me Mathias Darmon, avocat de Julia et de l'association Innocence en danger.

Verdict attendu vendredi

Le verdict de ce procès est attendu vendredi. L'affaire soulève des questions sur la protection des personnes vulnérables et la confiance accordée aux professionnels en charge de leur accompagnement.

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