Six interpellations après l'enlèvement d'une magistrate et sa mère en Auvergne-Rhône-Alpes
Enlèvement d'une magistrate : six interpellations, fuite vers l'Espagne

Six interpellations dans l'affaire de l'enlèvement d'une magistrate et de sa mère

Six personnes, dont un mineur, ont été interpellées dimanche 8 février 2026 dans le cadre de l'enquête sur l'enlèvement d'une magistrate grenobloise et de sa mère. Le parquet de Lyon a confirmé ces arrestations, survenues après que les deux victimes aient réussi à s'échapper d'un garage de la Drôme où elles étaient séquestrées depuis trente heures.

Une tentative de fuite vers l'Espagne déjouée

Deux des suspects arrêtés dans la nuit tentaient de prendre un bus pour l'Espagne, selon une source proche du dossier. D'autres complices, dont une femme compagne d'un suspect, ont été interpellés dans l'Ouest lyonnais. Les autorités judiciaires indiquent que des recherches sont toujours en cours pour d'autres personnes impliquées.

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a souligné la prudence nécessaire concernant le profil des gardés à vue, évoquant des médias qui les présentent comme des exécutants recrutés sur les réseaux sociaux. "L'enquête le démontrera, il est beaucoup trop tôt pour tirer la moindre conclusion", a-t-il déclaré.

Les détails du rapt et de la séquestration

La magistrate, âgée de 35 ans, et sa mère, 67 ans, ont été enlevées jeudi 5 février vers 2 h 50 à leur domicile de Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble. Les ravisseurs ont contacté le compagnon de la magistrate, associé dans une start-up liée aux cryptomonnaies, pour exiger une rançon en cryptomonnaies, menaçant de mutiler les victimes en cas de non-paiement rapide.

Un important dispositif policier, mobilisant 160 agents, a été déployé dans la région. Cependant, les deux femmes ont profité de l'absence de leurs ravisseurs pour se détacher de leurs liens et alerter en tapant contre la porte du garage à Bourg-lès-Valence. Un voisin, alerté par le bruit, est intervenu pour les libérer.

Les victimes, souffrant d'hématomes, se sont réfugiées dans un laboratoire d'analyses médicales avant d'être hospitalisées. L'enquête est désormais pilotée par l'Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et la Juridiction interrégionale de Lyon.

Contexte des enlèvements liés aux cryptomonnaies

Cette affaire s'inscrit dans une tendance croissante en France, où les enlèvements avec demande de rançon en cryptomonnaies se sont multipliés en 2025. En janvier, un homme de 74 ans avait été kidnappé à Voiron (Isère) dans un but similaire, avant d'être libéré à Loriol (Drôme), conduisant à trois mises en examen.

Les autorités restent vigilantes face à ces crimes, qui exploitent la popularité des actifs numériques pour extorquer des victimes.