Le père des enfants abandonnés au Portugal s'exprime
Les deux enfants, originaires de Colmar, ont été retrouvés seuls au bord d'une route au Portugal après plusieurs jours de disparition. Leur père biologique a pris la parole dans un courrier adressé à la presse régionale en Alsace, relayé notamment par Ici Alsace. Il dit vivre dans une tension permanente, entre incompréhension, attente et espoir de retrouver rapidement ses enfants.
Il indique qu'il n'est pas encore parti au Portugal pour récupérer ses enfants car il attend « le feu vert » des autorités. « Je pense à eux toutes les secondes depuis que le commissariat de Colmar m'a contacté pour me signaler leur disparition [...] nuit et jour, le téléphone est à côté de moi », explique l'homme, qui n'avait jusqu'alors qu'un droit de visite ponctuel pour ses enfants et avait fait appel de cette décision devant le juge aux affaires familiales.
Un appel à la discrétion et à la prudence
Face à l'émoi provoqué par l'affaire, le père insiste sur « l'importance de la prudence, du respect et de l'honnêteté des paroles publiques » et plaide pour « la discrétion ». « Mes enfants auront besoin de se reconstruire comme moi et n'auront pas besoin qu'on leur rappelle ce drame. Je ne cherche ni à défendre ni à minimiser les actes commis. Les faits restent graves et profondément choquants. Je refuse d'ajouter à cela des paroles de haine, des insultes ou des qualificatifs destinés à déshumaniser une personne, même reconnue coupable », temporise-t-il.
Le père a également indiqué qu'il prendrait de nouveau la parole une fois qu'il aura « retrouvé » ses enfants, dont il n'a pour l'heure pas la garde.
La situation judiciaire au Portugal
Vendredi, la justice portugaise avait annoncé le placement des deux enfants au sein d'une famille d'accueil avant leur rapatriement. « Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises [...] d'engager la procédure de retour des enfants vers la France », a précisé le tribunal de Setubal, expliquant que « les enfants résidaient avec leur mère [...], le père disposant d'un droit de visite limité et supervisé. » En France, un droit de visite supervisé ou médiatisé est décidé lorsque le juge aux affaires familiales estime qu'un maintien du lien entre l'enfant et son parent est souhaitable, mais qu'un encadrement est nécessaire pour garantir la sécurité physique ou psychologique de l'enfant.
La mère des enfants, Marine R., et son compagnon Marc B. sont accusés de faits de « mise en danger ou abandon » sur les garçonnets de quatre et cinq ans, retrouvés par un automobiliste, assis en pleurs au bord d'une route. Marc B. s'est par ailleurs vu imputer un crime de « coups et blessures aggravés » sur l'un des enfants, a précisé le tribunal à l'issue de leur interrogatoire judiciaire. Ils sont actuellement tous deux en détention provisoire au Portugal.



