Jacques Boncompain, 85 ans, président de l’Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), a été condamné mercredi à Verdun à 5 000 euros d’amende pour des propos révisionnistes tenus en novembre dernier. Il avait déclaré que Philippe Pétain « a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700 000 juifs » pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une condamnation pour contestation de crime contre l’humanité
Poursuivi pour « contestation publique de crime contre l’humanité », Jacques Boncompain avait organisé une messe en hommage au maréchal. Ses propos, tenus le 15 novembre à la sortie de l’office religieux devant de nombreux journalistes, ont été jugés comme une « minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah » par le tribunal. En plus de l’amende, la décision sera affichée dans le tribunal pendant deux mois à des fins de « pédagogie et de prévention de la récidive ».
Une relaxe partielle pour une autre déclaration
Le vieil homme a été partiellement relaxé pour une deuxième phrase dans laquelle il affirmait que Pétain était « le premier résistant de France ». Le tribunal n’a pas pu déterminer avec certitude le moment où cette phrase a été prononcée, faute d’éléments suffisants dans la vidéo présentée.
La LICRA et l’Observatoire Juif de France ont salué une décision « exemplaire » alliant « fermeté et pédagogie ». Me Pierre Brunisso, conseil de la Ligue des droits de l’homme, a déclaré : « Cette condamnation est importante. L’histoire ne peut pas être falsifiée afin de rendre les idées de l’extrême droite acceptables. »
Le prévenu invoque la liberté d’expression
Joint par téléphone, Jacques Boncompain a estimé avoir été condamné « sur des avis qui relèvent de la liberté d’expression ». Il n’a pas encore décidé s’il fera appel, souhaitant d’abord en parler avec son conseil. Lors de l’audience en mars, ni lui ni les témoins de la défense n’ont contesté les propos, les justifiant en citant quatre historiens soutenant la thèse minoritaire selon laquelle Pétain aurait « protégé les juifs français ». Une vision dénuée de tout fondement selon de nombreux historiens.
« Les Français ignorent tout. Nous sommes encore dans l’esprit de (19)45 et de la vengeance », a-t-il déclaré, maintenant ses propos et estimant qu’ils ont été prononcés dans un cadre « scandaleux » de « guet-apens » tendu par le maire de Verdun. Le tribunal a réfuté tout « traquenard », soulignant qu’en tant que président d’association, il avait volontairement médiatisé la messe pour attirer de nouveaux adhérents, et que ses propos ont été tenus lors d’un « monologue de 45 minutes » devant la presse.



