Coming out : à Bordeaux, des groupes de parole pour soutenir les familles
Coming out : des groupes de parole pour les familles à Bordeaux

Le coming out d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre peut bouleverser l’entourage. Pour aider les familles à traverser cette période, l’association Contact Aquitaine organise des groupes de parole dédiés aux parents et à leurs questionnements. Delphine Bihel, mère de famille et bénévole, témoigne de son expérience.

Un besoin d’accompagnement pour les proches

Delphine Bihel ne se fait pas d’illusion : « J’adorerais faire évoluer les mentalités. Mais je ne suis pas très optimiste. » Dans une société qu’elle juge « encore tellement violente », la Bordelaise a toutefois voulu contribuer à faire évoluer le regard sur la transidentité. Depuis quelques années, elle est bénévole pour Contact Aquitaine, dont la mission est de « faciliter le dialogue entre les personnes LGBT+ et leur entourage ». Car un coming out a souvent des répercussions sur les proches, parents comme fratrie. Delphine le sait pour avoir vécu l’annonce il y a six ans.

De la participante à l’administratrice

Elle qui dit avoir « eu besoin d’être en paix avec moi-même pour pouvoir apporter des réponses aux autres », n’oublie pas ce qu’elle doit à l’antenne régionale de l’association. Il lui semblait évident « de rendre la pareille ». Après avoir participé aux groupes de parole, collaboré aux forums des associations et donné des coups de main administratifs pour multiplier les interventions en milieu scolaire, Delphine est même devenue administratrice de la structure. Celle-ci dispose également d’une ligne d’écoute gratuite (0 805 69 64 64). « Face à ce combat de société, il faut être armé. Et on est là », s’adresse-t-elle en souriant à tous les parents.

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« Nos enfants sont merveilleux »

« Quand ça m’est arrivé, je ne m’y attendais pas du tout », avoue Delphine. Si la question de l’acceptation « ne s’est jamais posée » pour cette maman, celle de sa « mission de protéger mes enfants » a été au cœur de ses interrogations. « Ce qui me terrorisait pour mon enfant, c’était le chemin qu’il avait choisi, et le regard que la société porterait sur lui », témoigne-t-elle. D’autres parents disent avoir un deuil à faire.

Un espace de parole sécurisé

Au sein des groupes de paroles dédiés aux parents, la mère de famille a trouvé sa « safe place », un lieu où elle pouvait tout dire de ses questionnements, sans craindre de blesser son fils ou de se montrer intrusive. À cette époque, son fils n’allait pas encore bien. Elle convient qu’alors, « c’était un monde que je ne connaissais pas et j’avais beaucoup de représentations sur la transidentité que j’ai honte d’avoir eues ». Au final, « j’étais terrorisée par des choses qui n’existent pas », réalise-t-elle, à mesure qu’elle libère sa parole et bénéficie de l’expérience d’autres parents.

Un décalage de tempo entre parent et enfant

Le besoin d’être accompagnée était d’autant plus nécessaire que Delphine se trouvait en décalage avec son fils. Le duo, à l’évidente complicité, n’était « pas sur le même tempo ». Quand l’annonce se fait, le cheminement de l’enfant est engagé de longue date. « Et nous, on se trouve à devoir courir derrière, sans avoir les mêmes outils », explique Delphine. Même s’il faut « accepter de ne pas tout comprendre », admet-elle avec le recul. L’essentiel, pour cette mère, est que tout le monde convienne que « nos enfants sont merveilleux et qu’ils sont comme les autres ». Et que l’intolérance doit être combattue en ce qu’elle est une atteinte à la liberté des personnes.

Association Contact Aquitaine, MJC CL2V, 11, rue Erik Satie, 33200 Bordeaux.

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