Cagnes-sur-Mer : bras de fer entre le maire RN et les forains pour la Saint-Pierre
Cagnes-sur-Mer : bras de fer maire RN-forains pour Saint-Pierre

Le maire Rassemblement national de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a déclenché une vive polémique en refusant la présence des forains à la traditionnelle fête de la Saint-Pierre, prévue ce samedi 4 et dimanche 5 juillet 2026. Les forains, installés depuis des années, ont riposté en occupant la place Saint-Pierre de force dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, puis en organisant des opérations escargot sur le bord de mer, au Cros-de-Cagnes.

Une occupation nocturne et des opérations escargot

Mercredi 1er juillet 2026, vers 3h30 du matin, une dizaine de camions de forains ont débarqué sur la place Saint-Pierre, contournant les plots en béton installés par la municipalité. Sébastien Cicéron, représentant des forains et membre du syndicat Udaf (Union défense active foraine), explique : « On a décidé de prendre le parking de force, et de mettre la préfecture et la Ville devant le fait accompli. » Les forains ont ensuite bloqué la circulation en bord de mer, le matin et l'après-midi, avec des opérations escargot.

La mairie accusée d'illégalité

Selon Sébastien Cicéron, la décision de la mairie est illégale : « La mairie est hors la loi, on a beaucoup de cas de figure similaires. Malgré les circulaires en place, les recommandations préfectorales, ils ne veulent pas revenir sur leur décision. Ils sont en totale illégalité et ils le savent. Nous, on est dans notre droit, on a une réglementation en France qui nous protège et on s’en sert. » Les forains dénoncent l'absence de dialogue direct avec le maire, qui a préféré communiquer via Facebook.

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Le maire refuse de céder

Sur sa page Facebook, Bryan Masson a affirmé : « À Cagnes-sur-Mer, l’autorité de la loi ne se négocie pas. Nous ne céderons ni aux menaces, ni aux intimidations, ni aux démonstrations de force. » Il justifie son refus par la volonté d'offrir « un autre visage à l’occasion de la fête de la Saint-Pierre, plus familial, plus qualitatif et davantage en adéquation avec les attentes exprimées par de nombreux Cagnois. »

Des alternatives jugées inacceptables

La mairie a proposé deux solutions : s'installer aux abords du parc des sports Sauvaigo, à environ 10 km du Cros-de-Cagnes, ou occuper seulement la moitié de la place Saint-Pierre. Les forains ont refusé ces propositions. Sébastien Cicéron explique : « Le parc Sauvaigo, c’est à environ 10 km d’ici, c’est le bout du monde en termes de visibilité, donc on a logiquement refusé. Quant à supprimer la moitié de la fête foraine, c’est impossible, car selon la réglementation, il est interdit de discriminer un commerçant par rapport à un autre. »

Les forains affirment avoir déjà fait des concessions : « On a redonné 450 m2 de parking, on a fait cadeau de toutes les places en épis sur le bord de route, et on a proposé de rester 3 semaines au lieu de 4 habituellement. On a même supprimé des attractions qui se greffaient autour des manèges. À part s’en aller, je vois pas ce qu’on peut donner de plus. »

Le maire porte plainte et attend l'intervention de l'État

Bryan Masson a annoncé avoir déposé plainte après avoir reçu « des menaces et des insultes d’une particulière gravité ». Il a demandé aux services de l'État d'intervenir pour faire évacuer l'occupation illégale. La préfecture des Alpes-Maritimes, qui avait tenté une médiation en amont, doit désormais trancher.

Un soutien populaire aux forains

Des habitants expriment leur solidarité avec les forains. Dridi, une Cagnoise, témoigne : « Tous les ans, c’est festif, il faut les laisser travailler ces gens, on est de tout cœur avec eux. » Chris Ferrari, forain présent depuis plus de 10 ans avec sa pêche aux canards et ses trampolines, ajoute : « C’est incompréhensible, on ferait du grabuge, on boirait, on casserait, d’accord, mais ce n’est pas le cas. J’ai 40 ans, deux enfants, on est là pour travailler, ça nous fait pas plaisir d’emmerder les policiers. »

La situation reste bloquée, chacun campant sur ses positions, dans l'attente d'une décision préfectorale qui pourrait dénouer le conflit.

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