Ce lundi 30 juin, un collectif de riverains de Boujan-sur-Libron a mené une action devant la mairie pour protester contre la poursuite du projet de la Zac de la Plaine, située à quelques centaines de mètres du fleuve Libron. Muni de pancartes, le groupe a dénoncé un projet qu'il juge dangereux en raison des risques d'inondation. Les slogans « Stop à Boujan sous Libron », « Terrains déjà inondés » ou encore « Du raisin oui du béton non » ont été brandis pour critiquer ce projet vieux d'une douzaine d'années.
Un projet contesté sur près de trois hectares
Le conseil municipal venait d'adopter le rapport et le bilan de la concertation ainsi que le choix de l'aménageur, la société Angelotti, proposée par la commission consultative. La Zac (zone d'aménagement concerté) s'étend sur près de trois hectares d'actuelles parcelles agricoles. Une centaine de logements y sont prévus, mêlant maisons individuelles, terrains constructibles et logements collectifs.
Les riverains estiment que « cette zone à urbaniser de la Zac n'est pas constructible et ne l'a jamais été. Elle a vocation à être submergée par le débordement des crues du Libron ». Ils dénoncent un projet immobilier incompatible avec la prévention des inondations et alertent sur les risques encourus par la future population.
Le maire défend la légalité du projet
De son côté, le maire de Boujan-sur-Libron, Gérard Abella, affirme que la commune a respecté toutes les règles en vigueur, notamment le Plan de prévention du risque inondation (PPRI). « Ce document a été très bien fait et il a parfaitement suivi le tracé des précédentes inondations, s'est-il défendu. Il y a une zone inondable et rien ne sera construit dessus, tout comme la zone de précaution. Sur cette zone de précaution résiduelle, ce sera construit, comme c'est autorisé. »
Les riverains rétorquent que les crues exceptionnelles sont devenues presque la règle ces dernières années. Un rapport hydraulique datant de 2023 indique que « le premier front de bâtis est situé dans l'enveloppe inondable et que c'est une zone d'expansion de crue ». Le maire reconnaît que « l'exceptionnel, oui ça peut arriver », mais assure que des mesures ont été prises : « dans le traité de concession, nous avons demandé des hauteurs plus grandes et il n'y aura pas de sous-sol par exemple, on a porté une attention particulière à ça ».
Des besoins en logements mis en avant
Le collectif riverain se réserve le droit de poursuivre son action en justice : « Ce que les habitants demandent, c'est du bon sens : ne pas construire là où l'eau doit passer et ne pas exposer une population au risque inondation connu. »
Le maire répond que la commune a modifié le PLU en 2025 pour mettre au point l'orientation d'aménagement et de programmation de la Plaine, sans objection de l'État. « Nous avons besoin de ces logements car ce sont les derniers hectares de la commune où l'on peut construire. D'autant qu'on est obligé de construire des logements sociaux à hauteur de 30 %. Je comprends les détracteurs, ils défendent devant leur porte car ils ne veulent pas de logements devant chez eux. Je ne crois pas que l'État ralentisse quoi que ce soit, vu le besoin de logements, ce ne serait pas du bon sens », conclut Gérard Abella.



