François Ruffin critiqué pour sa BD jugée raciste et paternaliste
BD de Ruffin : accusations de racisme et paternalisme

François Ruffin, député de la Somme et candidat à la présidentielle, pensait innover en sortant une bande dessinée plutôt qu'un livre traditionnel. « Picardie Splendor : les aventures de François Ruffin député-reporter » est paru le 7 mai dernier aux Éditions Les Arènes. L'objectif affiché était de « donner à voir des visages, des voix, de présenter des récits de vie ». Mais l'initiative s'est retournée contre lui, provoquant une vague de critiques sur les réseaux sociaux, notamment de la part de ses anciens collègues de La France insoumise.

Une scène polémique dans un train

Une planche en particulier a déclenché la controverse. On y voit Ruffin dans un train, assistant à une altercation entre une passagère noire et la police, qui veut la verbaliser pour une erreur de billet imputable à la SNCF. Le député intervient pour proposer de payer l'amende, puis demande à un autre passager, d'origine maghrébine, de « respecter la police ». Les critiques dénoncent le cliché du « sauveur blanc », la représentation d'une femme noire en colère (stéréotype de l'« Angry Black Woman ») et la position de soumission du passager racisé.

Réactions indignées de la gauche

L'eurodéputée Emma Fourreau a fustigé l'« homme blanc sauveur », jugeant la BD « bourrée de racisme et de paternalisme ». Danielle Simonnet, députée de Paris, estime que Ruffin « ne comprend pas le racisme systémique ». Sabrina Sebaihi, députée écologiste, lui a rappelé que « le temps des colonies, c'est fini ». Aly Diouara, député LFI, a qualifié l'auteur de « Fakir bien facho ».

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Le passager de la scène contredit Ruffin

Le passager concerné s'est reconnu et a publié une vidéo sur les réseaux sociaux, donnant une version différente des faits. Selon lui, Ruffin n'est pas intervenu pour calmer l'altercation mais pour demander le départ rapide du train, arguant qu'il était pressé. Il précise que le député n'a pas réglé l'amende sur place. Il regrette également la dernière case où il apparaît « prostré », remerciant Ruffin dans une position de soumission.

Mea culpa de Ruffin

Interrogé par Libération, François Ruffin se défend de tout racisme et maintient que sa BD est une « œuvre d'humanité ». Il reconnaît toutefois ne pas se reconnaître dans la planche incriminée : « Ça n'est pas moi, jamais je ne me comporte comme ça. J'entends que ces images peuvent blesser. » Il revendique un « antiracisme estampillé années 1990 » et explique que son message est de résorber les fractures du pays, dont le racisme. Selon lui, les attaques viennent de LFI qui cherche à éliminer un concurrent à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027.

D'autres maladresses dans la campagne

Ce n'est pas la première fois que Ruffin froisse la gauche. Début mai, il s'est dit « hostile à l'immigration de travail », provoquant la colère de Clémentine Autain et Marine Tondelier. Cette dernière a déclaré sur Sud Radio : « Je suis en colère parce qu'il convoque de lui-même les sujets de l'extrême droite et qu'il en parle. » Ruffin admet des maladresses et promet de faire attention à l'avenir, mais un de ses soutiens confie qu'il s'attend à d'autres critiques.

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