Assassinat à Lacanau : 30 ans de réclusion pour le mari jaloux
Assassinat à Lacanau : 30 ans de réclusion

Le 11 mars 2023, à Lacanau, en Gironde, Francis Huguel, 58 ans, a provoqué une sortie de route et assassiné de deux balles l’amant de sa femme, Nicolas Ribes, avant d’incendier sa voiture. Ce jeudi 21 mai, la cour d’assises de la Gironde l’a condamné à trente ans de réclusion criminelle, assortis des deux tiers de sûreté, une période durant laquelle il ne pourra bénéficier d’aucun aménagement de peine.

Un crime prémédité

L’affaire, digne des films les plus noirs, a révélé un scénario complètement fou. Francis Huguel, séparé de son épouse Cécile depuis deux ans, voulait à tout prix la retrouver. Il savait que celle-ci accueillait Nicolas Ribes, un collègue de travail devenu son amant quelques mois auparavant. « J’étais amoureux, je n’en pouvais plus, j’étais à bout. Ça m’a détruit », a-t-il déclaré lors de son procès.

Le matin des faits, armé d’un pistolet Glock, il a attendu que l’amant quitte le domicile à 8 h 46. À 8 h 52, il l’a percuté en lui faisant une queue de poisson en pleine ligne droite, route de l’Atlantique, à la sortie de Lacanau. La Dacia Sandero de Nicolas Ribes s’est immobilisée contre un pin, en bordure de forêt. Le conducteur, coincé et sonné, a été tué froidement de deux balles de 9 mm. Francis Huguel a ensuite incendié la voiture avec le corps à l’intérieur, voulant maquiller la scène en accident de la circulation.

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Un accusé aux multiples mensonges

Pendant quatre jours, Francis Huguel n’a cessé de dire tout et son contraire, et de mentir. Il a d’abord affirmé être venu sur les lieux avec son fourgon Renault Trafic, avant d’avouer avoir emprunté un véhicule 4×4 à la caserne des sapeurs-pompiers. Un mensonge balayé par l’avocat général Jean-Luc Gadaud : « Il n’a pas mis les pieds à la caserne depuis le mois de janvier, les véhicules des pompiers se trouvaient sur le parking d’un Ehpad, et sa version ne résiste pas au bornage de son téléphone. Ce sont des explications invraisemblables. »

L’avocat général a détaillé minute par minute la chronologie de la matinée du 11 mars 2023. « Chacun des tirs avait la mort pour objectif, et l’incendie de sa voiture ne lui laisse aucune chance de survie », a-t-il insisté. Il a également souligné que Francis Huguel « a vidé le chargeur » et que « deux douilles ont été retrouvées, mais il y en avait peut-être trois ou quatre ».

La découverte du corps par les filles de la victime

Il n’y a pas eu de témoin direct. Lorsque les pompiers et les gendarmes sont intervenus, l’hypothèse était celle d’un accident de la route. Ils n’ont vu personne à l’intérieur de la voiture. Ce sont les filles de Nicolas Ribes, venues en fin de matinée faire des photos du véhicule de leur père, qui ont constaté la présence d’un corps humain calciné au niveau du siège conducteur. « Si, ce jour-là, on n’avait pas fait preuve de pertinence, la voiture serait partie à la casse et lui ferait sa vie tranquillement », a relaté l’aînée des deux sœurs à la barre des témoins.

Le représentant du ministère public a déploré que « le liquide moussant des sapeurs-pompiers a pu masquer l’habitacle pendant plusieurs heures », mais a exprimé « beaucoup d’admiration pour ces jeunes filles » qui ont permis d’éviter que Francis Huguel, « manipulateur, jaloux, commette le crime parfait ».

La peine et les réactions

À l’énoncé de la peine, Francis Huguel est resté impassible. « Il a accueilli ce verdict avec beaucoup de soulagement, a confié son avocate, Me Florence Herbold. Il a encore des choses à vivre. Il est écarté momentanément mais il n’est pas éliminé. Il encourait la perpétuité. »

Du côté des parties civiles, Me Arnaud Dupin, pour les deux filles de la victime, a estimé que « cette décision était attendue devant l’horreur du crime dénoncé et cette orchestration macabre de l’accusé, qui a fait preuve de froideur ». Me Max Bardet, conseil de la veuve de Nicolas Ribes, a ajouté : « Il n’y avait pas la moindre circonstance atténuante dans ce dossier. Justice a été rendue, et les parties civiles sont soulagées de la fin de leur cauchemar. Il faut maintenant continuer la reconstruction après ce crime ignoble. »

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La peine de trente ans de réclusion criminelle, assortie des deux tiers de sûreté, est conforme aux réquisitions. Francis Huguel dispose de dix jours pour faire appel.