Un point de deal à côté de l'école
Lundi 29 juin 2026, l'école des Promelles à Alès a rouvert ses portes dans un climat de peur, après un coup de feu entendu le 16 juin dernier. Une chaise haute trône à quelques mètres de l'entrée, marquant l'emplacement d'un point de deal, appelé « four » dans le jargon. Ce trafic de stupéfiants est source de violences récurrentes, dont le dernier épisode – un tir d'arme de poing confirmé par le procureur de la République – a poussé les enseignants à cesser d'exercer.
Une faible fréquentation le jour de la réouverture
Ce lundi, seule une faible partie des 85 élèves a retrouvé le chemin de l'école. Dans la cour entourée d'un simple grillage ajouré, les enfants jouent au ballon tandis que les parents et le personnel échangent à mots couverts. Aucun enseignant ni la directrice ne s'autorise à commenter la situation. La question de l'avenir de l'école, au cœur du quartier, est cruciale : comment poursuivre le projet pédagogique après avoir dû faire se cacher les élèves sous les tables lors de la fusillade ?
Le témoignage des parents
Séverine, mère de deux enfants, explique : « L'école est top, les enseignants sont tops, il n'y a pas de gros effectifs et c'est bien pour les apprentissages. Mais le problème est de l'autre côté. » Sylvette, une habitante, ajoute : « S'ils font fermer l'école, ils auront gagné parce que tout le monde aura baissé les bras. On voit arriver des jeunes le matin et d'autres le soir. On nous raconte qu'ils font ça pour aider leurs parents, mais à 14 ans, on va à l'école ! »
Des incidents à répétition depuis septembre 2025
Un collectif de parents d'élèves a adressé un courrier au maire d'Alès, Christophe Rivenq, et au directeur académique des services de l'Éducation nationale du Gard, Christophe Mauny, pour dénoncer les multiples incidents depuis septembre 2025 : barricades avec poubelles, individus encagoulés, rodéos motos, classes confinées, véhicules vandalisés, et les coups de feu du 16 juin 2026. « Nous avons tous la peur de la balle perdue », confie une mère inquiète.
Les demandes de sécurisation
Les parents réclament des travaux urgents : un mur de protection de 1,6 mètre le long de la route et des portails pleins. « Regardez, le point de deal est juste là, à côté de l'école », insiste Hélène, mère de deux enfants. Elle déplore l'abandon du quartier : « Le city-stade ne ressemble à rien, l'herbe pousse partout, le parking est pourri, il y a des trous sur la route : ce quartier est abandonné… »
Des parents contraints de quitter l'école
Certains parents, qui avaient obtenu une dérogation pour scolariser leurs enfants aux Promelles, décident de les retirer. Un père de famille explique : « S'il arrivait quelque chose, c'est comme si je les avais mis volontairement en danger. Ma fille est petite mais je veux l'enlever avant qu'elle ait l'âge de comprendre ce qui se passe autour d'elle. »



