Rapport sur l'affaire Rosa : une plainte non priorisée
Affaire Rosa : plainte non priorisée selon le rapport

Un rapport accablant sur la chaîne de protection

La mission d'inspection diligentée par les autorités sur l'affaire de la petite Lyhanna a rendu son rapport au Premier ministre, Sébastien Lecornu. Ce rapport, présenté ce lundi 22 juin, établit une « vérité d'une extrême gravité » : la chaîne de protection a failli en raison d'une « succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions », a déclaré le chef du Gouvernement.

Le déroulé de l'affaire Rosa

Le rapport évoque également l'affaire de la petite Rosa, 10 ans, qui accuse Jérôme Barella d'une « cinquantaine de viols ». Le 18 août 2025, la mère de Rosa s'est présentée aux Urgences de l'hôpital Purpan à Toulouse avec sa fille, après les révélations de l'enfant à son beau-père. « Le chef de patrouille identifie la sensibilité de l'affaire, au vu des déclarations de l'enfant évoquant une cinquantaine de viols par le père de l'une de ses amies », peut-on lire dans le rapport.

Une heure après l'évocation des faits devant des policiers, le substitut du procureur de Toulouse est avisé par l'officier de police judiciaire. Le lendemain, le commandant de la BTA Plaisance-de-Touch est prévenu, avec procès-verbaux et recommandations. Il convient de diligenter des auditions de Rosa, un examen psychologique, un examen légal et la localisation de Jérôme Barella.

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Des enquêteurs exemplaires mais une procédure non prioritaire

Le 19 août, le commandant adresse « les réquisitions ad hoc et réalise l'environnement du mis en cause », précise le rapport. Il constate que Barella est « connu dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires pour des faits similaires », dans une procédure traitée à Fleurance. Trois jours plus tard, la mère et le beau-père de Rosa sont entendus. Le 27 août, l'audition de la petite fille est effectuée. Les rapporteurs soulignent « une audition de grande qualité » et la « promptitude à laquelle la retranscription a été faite », soit moins de 48 heures après l'audition.

Le 8 octobre, « les actes et expertises sont intégralement réalisés ». Le directeur d'enquête de la gendarmerie informe par mail de la procédure et alerte d'un « risque éventuel de pluralité des victimes et d'un délai de traitement allongé ». Six jours plus tard, il contacte la permanence du parquet qui « prescrira une clôture en l'état de la procédure », adressée au TJ de Toulouse.

La conclusion des inspecteurs est nette : les gendarmes ne sont pas en cause. Ils ont « pris en compte immédiatement l'affaire » et le commandant d'unité a « assuré un contrôle continu des actes d'enquête de son adjoint, dont le professionnalisme et l'investissement sont exemplaires ». En revanche, le rapport indique que « l'envoi dématérialisé de la procédure et le contact du parquet d'Auch aurait été de nature à faciliter la prise en compte de la procédure par celui-ci ».

Cette plainte n'a « pas été traitée comme une procédure prioritaire ». « Le caractère sensible de la procédure n'a pas été relayé, la procédure n'a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie », a détaillé le chef de l'IGJ Stéphane Nöel. Il souligne aussi « une absence de prise en compte suffisante de l'urgence » au regard du profil de Jérôme Barella, qui faisait déjà l'objet de plusieurs plaintes pour agressions sexuelles et viols sur des enfants.

Conséquences et réactions

Début juin, la mère de Rosa avait alerté : « La justice n'a pas fait son travail, je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps ». Sa plainte déposée en août 2025 n'a débouché sur aucune convocation du suspect et n'a pas été suivie d'actes d'enquête suffisamment rapides. De longs mois se sont écoulés entre ce signalement et l'enlèvement de Lyhanna, à Fleurance (Gers), le 29 mai. L'avocat de la mère de Rosa a annoncé vouloir poursuivre l'État pour « faute lourde » et saisir la Cour de justice de la République contre le garde des Sceaux Gérald Darmanin.

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