Une réforme historique pour Cuba
Le gouvernement cubain a annoncé ce mardi une série de réformes économiques sans précédent, marquant un tournant vers l'économie de marché. Sous la pression des États-Unis, le président Miguel Díaz-Canel a dévoilé un plan qui met fin au monopole d'État sur les entreprises et ouvre la voie aux investissements étrangers. Selon des sources officielles, cette décision vise à sortir le pays de la crise économique la plus grave depuis l'effondrement de l'Union soviétique.
Les mesures incluent la suppression des subventions publiques, la libéralisation des prix et la création d'un marché du travail flexible. Le gouvernement prévoit également de réduire de 30 % le nombre de fonctionnaires d'ici 2028, selon un document publié par le ministère de l'Économie.
Le contexte de la pression américaine
Les États-Unis ont intensifié leurs sanctions économiques contre Cuba depuis 2017, sous l'administration Trump, et l'administration Biden a maintenu cette ligne dure. En mai dernier, Washington a annoncé le rétablissement de l'embargo total, interdisant tout échange commercial avec l'île. Face à l'asphyxie économique, La Havane n'a eu d'autre choix que de se tourner vers des réformes structurelles.
« C'est une décision douloureuse mais nécessaire », a déclaré le ministre de l'Économie, Alejandro Gil, lors d'une conférence de presse. « Nous devons nous adapter à la réalité pour protéger notre peuple. »
Les détails de la réforme
Parmi les mesures phares, la fin du monopole d'État sur les entreprises permettra la création de sociétés privées dans tous les secteurs, à l'exception de la santé, de l'éducation et de la défense. Les investissements étrangers seront autorisés sans plafond de participation, une première depuis la révolution de 1959. Le gouvernement prévoit aussi la dévaluation du peso cubain de 50 % pour attirer les capitaux étrangers.
Selon les analystes, ces réformes pourraient entraîner une augmentation du PIB de 2 % par an, mais aussi une hausse des inégalités. « Le défi sera de maintenir la protection sociale tout en ouvrant l'économie », a commenté l'économiste cubain Juan Carlos Pérez.
Les réactions internationales
Les États-Unis ont salué ces réformes comme « un pas dans la bonne direction », tout en maintenant leur pression. « Nous surveillerons de près la mise en œuvre et nous sommes prêts à alléger les sanctions si des progrès tangibles sont réalisés », a déclaré un porte-parole du département d'État. De son côté, l'Union européenne a exprimé son soutien, offrant une aide technique et financière pour accompagner la transition.
Au niveau national, les réactions sont mitigées. Si certains Cubains voient dans ces réformes une opportunité de sortir de la pénurie, d'autres craignent une perte des acquis sociaux. « Je suis inquiet pour la gratuité des soins et de l'éducation », confie Maria, une Havanaise de 45 ans.



