Une charte sur la famille et les valeurs, portée par des réseaux ultraconservateurs, est au cœur d'une offensive idéologique en Afrique. Ce texte, présenté comme une défense des valeurs traditionnelles, vise à influencer les législations nationales sur le mariage, la sexualité et le genre. Selon des organisations de défense des droits humains, cette initiative menace les acquis en matière d'égalité et de droits LGBTQ+.
Origines et promoteurs de la charte
La charte a été élaborée par des groupes religieux et politiques conservateurs, notamment issus des États-Unis et d'Europe, en collaboration avec des leaders africains. Elle a été présentée lors de sommets panafricains et bénéficie du soutien de certains gouvernements. Selon un rapport de Human Rights Watch, au moins 15 pays africains ont été ciblés par cette campagne, avec des pressions pour adopter des lois restreignant les droits des minorités sexuelles.
Contenu et objectifs
Le document affirme que la famille traditionnelle, définie comme l'union d'un homme et d'une femme, est la base de la société. Il rejette le mariage homosexuel, l'avortement et l'éducation sexuelle complète. Les promoteurs de la charte espèrent qu'elle servira de modèle pour des lois nationales. En Ouganda, par exemple, une loi anti-homosexualité déjà très répressive a été renforcée en 2023, avec des peines allant jusqu'à la prison à vie.
Réactions et oppositions
Des organisations de la société civile africaine dénoncent une ingérence étrangère et une violation des droits humains. « Cette charte est une attaque contre nos libertés fondamentales », a déclaré un porte-parole de l'ONG African Feminist Alliance. Des militants LGBTQ+ craignent une recrudescence des violences et des discriminations. Selon Amnesty International, au moins 32 pays africains criminalisent encore l'homosexualité, et cette charte pourrait aggraver la situation.
Impact sur les droits humains
Les experts des Nations unies ont exprimé leur préoccupation. « Nous appelons les gouvernements africains à résister à ces pressions et à protéger les droits de tous les citoyens », a indiqué un rapporteur spécial. La charte pourrait également affecter les programmes de santé publique, notamment la lutte contre le VIH/sida, en limitant l'accès à l'information et aux services pour les populations clés.
Perspectives
Alors que la charte gagne du terrain dans certains pays, des voix s'élèvent pour défendre les droits humains. Des coalitions régionales, comme la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, travaillent à contrer cette offensive. L'issue de cette bataille idéologique dépendra de la mobilisation des sociétés civiles et de la pression internationale.



