Témoignage prémonitoire : Adilson, tué à Nice, avait prédit la fusillade
Adilson, tué à Nice, avait prédit la fusillade

« Ils ont tiré à vue, c’est-à-dire sur tout ce qui se trouvait dans leur champ. C’est un scénario d’attentat, ça ! Si vous faites une opération ciblée, vous visez quelqu’un qui appartient au réseau. Là, ce n’est pas le cas. » Ces mots, prononcés par Adilson en octobre 2025, résonnent tragiquement aujourd’hui. Ce père de famille de 39 ans, entraîneur de football respecté, avait témoigné après la fusillade du 3 octobre 2025 place des Amaryllis à Nice. Le 11 mai 2026, il a été tué au même endroit, victime d’une nouvelle attaque.

Un témoin lucide

Adilson, surnommé « Zou », était un pilier du quartier des Moulins. Père de trois enfants, il entraînait les jeunes de l’AS Moulins. Après la fusillade d’octobre, il avait confié : « C’est malheureux, ça glace le sang. Mais je m’y suis habitué. Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière… » Une déclaration prémonitoire qui prend tout son sens aujourd’hui.

Un quartier en danger

Adilson dénonçait depuis longtemps les choix d’aménagement urbain. « Ils ne veulent pas de commerces de proximité, pas de commerces de bouffe. Tout est réuni dans un endroit beaucoup trop dangereux », expliquait-il. Il s’était opposé à la création d’un jardin d’enfants place des Amaryllis, estimant que cela attirerait le danger. « On leur a dit : “Vous allez créer un crime…” », rappelait-il.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La pauvreté, racine du mal

Pour Adilson, le véritable problème était la pauvreté. « Des dizaines de millions d’euros ont été injectés, mais ça a été mal investi. La gangrène a eu le temps de se développer », affirmait-il. Il mettait en garde contre les victimes collatérales du narcotrafic, dont il est devenu la neuvième depuis l’été 2024.

Son ami Nourredine Debbari le décrit comme « franc du collier ». « Quand il avait quelque chose à dire, il le disait, sans avoir peur des conséquences. » Adilson avait déjà vécu une fusillade en juillet 2020, aux portes du supermarché. Il savait que le drame pouvait se reproduire.

Le tireur présumé de l’attaque du 11 mai a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi. Mais pour le quartier des Moulins, la perte d’Adilson est immense. « C’était un bon petit jeune, très gentil, très sociable », disait-il de Rayan, une précédente victime. Aujourd’hui, ce sont ses proches qui pleurent un homme engagé, dont les paroles résonnent comme un avertissement tragique.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale