Deux morts et cinq blessés, dont deux en urgence absolue : tel est le bilan dramatique d'une séance de longe-côte organisée le jeudi de l'Ascension sur la plage des Blancs-Sablons au Conquet (Finistère). Cette activité nautique, de plus en plus populaire dans la région, doit impérativement être pratiquée en toute sécurité, rappellent les autorités.
Un niveau d'activité élevé pour les secours
Le préfet maritime de l'Atlantique a publié un communiqué dans la soirée du 14 mai pour souligner que ce jeudi n'était pas un jour ordinaire sur le littoral français. Outre le drame ayant coûté la vie à deux personnes et conduit cinq autres à l'hôpital de Brest, les deux centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) bretons ont enregistré un niveau d'activité particulièrement élevé. Les secours, notamment la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) et les pompiers, ont été mobilisés pour porter assistance à des pratiquants de loisirs nautiques.
Les bonnes pratiques rappelées
Dès le soir de l'événement, la préfecture du Finistère a insisté sur les bonnes pratiques à adopter pour les activités nautiques : consulter la météo et les coefficients ainsi que les horaires des marées, disposer du matériel de sécurité adapté et l'utiliser, avoir un téléphone pour appeler le CROSS, prévenir des proches, le sémaphore ou la capitainerie locale de son activité, et enfin ne pas présumer de ses capacités techniques et physiques.
Le numéro d'urgence : 196
La Préfecture maritime de l'Atlantique a rappelé le numéro à joindre en priorité : le 196. Ce numéro permet au CROSS compétent de géolocaliser l'appelant dès son appel, accélérant ainsi les secours.
Le CROSS Etel pour le Sud-Ouest
Parmi les cinq CROSS de la France métropolitaine, celui d'Etel, situé dans le Morbihan, est compétent pour surveiller les plages du Sud-Ouest, du Finistère sud à la frontière espagnole. Sa surveillance est assurée par 88 personnes.
Des conditions météo inadaptées
Le groupe de marcheurs aquatiques aurait été pris dans un phénomène maritime de houle, accentué par les conditions climatiques, a expliqué le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger. Houle, rafales de vent à 60 ou 70 km/h, pluie, vagues déstabilisantes et une température de l'eau autour de 10 °C ont pu surprendre le groupe. Le maire du Conquet, Jean-Luc Milin, décrit des rouleaux assez puissants et resserrés.
Une adepte du longe-côte précise au Télégramme que le vent dépassait 20 nœuds, avec des rafales à 30 nœuds et une houle de 3 mètres de nord-ouest, des conditions incompatibles avec la pratique. Le club de Brest, l'un des rares à être sorti ce jour-là, a pratiqué sur une plage en fond de rade, alors que les Blancs-Sablons sont ouverts sur le large.
Un surfeur local témoigne avoir aperçu le même groupe la veille, dans des conditions météo tout aussi mauvaises. Selon des témoins, les marcheurs ont paniqué jeudi après avoir été balayés par un rouleau puis repris par une autre vague.
La plage des Blancs-Sablons
Cette plage de sable blanc, longue de plus de 2,5 km, est exposée aux vents de nord-ouest et ouverte sur le large. Prisée des surfeurs débutants et des parapentistes, elle est également choisie par les adeptes du longe-côte en raison de son fond plat sans cailloux ni baïnes, comme l'expliquait un moniteur de surf en 2025.
Précautions pour pratiquer le longe-côte
Le longe-côte, ou marche aquatique, consiste à marcher dans la mer avec une hauteur d'eau généralement entre le nombril et les aisselles, selon la Fédération nationale de la discipline. Cette activité, qui se développe depuis une vingtaine d'années, se pratique toute l'année en petits groupes pour le renforcement musculaire et cardiovasculaire. Les chaussures adaptées sont obligatoires.
Les groupes doivent être encadrés par un animateur diplômé sur des plages à faible inclinaison, dans la bande des 300 mètres, validées par la Fédération de randonnée pédestre. Ce n'était pas le cas de la plage des Blancs-Sablons. Dans la région, il existe quatre sites sur le littoral basque, vingt des Landes à la Gironde (dont les trois quarts sur le Bassin d'Arcachon) et 22 en Charente-Maritime.
La fédération insiste sur les conditions météo favorables : préférer l'étale de basse mer, éviter les vents de terre et la mer formée (vagues déferlantes), ne jamais pratiquer par temps d'orage. Un marcheur pris par le courant ne doit pas lutter pour revenir à bord, mais crier et agiter les bras pour alerter les secours.



